Le chef de l'Etat SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a accueilli le trophée la coupe du monde 2010 au Palais de Beit-Salam

Le chef de l’Etat SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a accueilli le trophée la coupe du monde 2010 au Palais de Beit-Salam
Le chef de l'Etat SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a accueilli le trophée la coupe du monde 2010 au Palais de Beit-Salam

Le chef de l'Etat SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a accueilli le trophée la coupe du monde 2010 au Palais de Beit-Salam
Le chef de l'Etat SEM Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a accueilli ce dimanche au Palais de Beit-Salam le plus prestigieux trophée de la coupe du monde 2010.

Cet or massif de 6,175 kilogrammes est transporté par le contingent de la FIFA (Fédération Internationale de football Association) en compagnie des membres de la Fédération Comorienne de Football.

Au cours de cette cérémonie solennelle, plusieurs discours ont été prononcés notamment celui du président de la Fédération Comorienne de Football qui a tenu à remercier M. Hedi HAMEL, représentant officiel de la FIFA pour l'Africa Trophy Tour qui n'a ménagé aucun effort pour l'intégration de la fédération comorienne de Football au saint de la Fifa

Nous vous proposons ci-après, l'intégralité de l'allocution prononcée à cette occasion par le Président de la république

• Excellences Messieurs les Membres du Gouvernement ;

• Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et • Monsieur Hedi HAMEL, Représentant Officiel de la FIFA pour l'Africa Trophy Tour ;

• Madame Lalatiana LE GOFF, Représentante régionale de la Société Coca Cola, à Madagascar ;

• Monsieur Claude LASSEIGNE, Directeur Général COMCO-MAYCO, à Mayotte ;

• Monsieur Tourqui SALIM, Président de la Fédération Comorienne de Football ;

• Mesdames et Messieurs ;

• Honorable assistance ; C'est un grand honneur et un grand privilège pour moi de recevoir le trophée de la Coupe du Monde de la Fédération Internationale de Football, ici au Palais de Beit Salam, et de le présenter à vous, Chers compatriotes et honorable assistance.

Cet évènement, qui constitue une première dans notre pays, est un moment historique chargé de symboles et d'émotion.

Nous sommes très honorés du choix porté par la FIFA sur notre pays pour le passage de ce trophée.

Nous sommes également heureux du fait que sa toute dernière destination n'est autre que la République d'Afrique du Sud, un pays frère et ami.

Je saisis, d'ailleurs, cette occasion mémorable, pour redire notre grand plaisir et notre très grande fierté de voir cette Coupe du Monde de 2010 se tenir dans ce grand pays et nous restons confiants que l'expérience que les Sud Africains ont acquis en matière d'organisation de grands évènements et la passion que son peuple a pour le Football, permettront la réussite de ce grand tournoi.

Honorable assistance ;

Depuis l'admission des Comores à la Fédération Internationale de Football, cette dernière n'a jamais ménagé ses efforts pour apporter un appui considérable à la promotion du football dans notre pays, nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Nous avons, en effet, pu bénéficier de la FIFA, de la mise en place du siège de la Fédération à Moroni, de l'aménagement d'une pelouse synthétique à Mitsamiouli, de la mise en place d'un centre technique de formation des jeunes, de la réhabilitation de huit terrains dans les différentes îles et d'un renforcement de capacités des cadres techniques de la Fédération comorienne de Football.

Honorable assistance ;

Le passage de ce précieux trophée dans notre pays est un message fort adressé au peuple et au Gouvernement comoriens.

C'est, d'abord, un grand témoignage de reconnaissance des efforts déployés par les autorités nationales pour consolider la paix et la stabilité nationales, mais aussi pour renforcer la démocratie et l'Etat de droit.

C'est, ensuite, une grande reconnaissance du grand intérêt que le peuple comorien accorde au sport en général et au football en particulier.

C'est enfin, une profonde reconnaissance de l'esprit de rapprochement que notre pays a su instaurer entre les jeunes des quatre îles à travers le Football.

Je vous encourage, donc, Chers jeunes à continuer à vous approprier les valeurs positives du sport, notamment la promotion de la cohésion sociale et de la richesse culturelle, ainsi que la promotion de l'amitié.

Je vous encourage à continuer à faire du sport une activité de rapprochement et de solidarité. Et à vous, les membres du Gouvernement, je vous encourage à continuer à ½uvrer de concert avec les responsables nationaux du Football, en vue de valoriser ce sport et de permettre à nos jeunes d'évoluer, en grand nombre, dans le football à haut niveau, pour l'intérêt de notre pays et pour que ce trophée qui, aujourd'hui, ne fait que passer dans notre pays, soit un jour gagné par l'équipe nationale comorienne.

Honorable assistance ;

Avant de conclure mon propos, je voudrais adresser mes chaleureux remerciements à la Fédération Internationale de Football et à la Fédération Comorienne de Football pour les efforts remarquables qu'ils ont déployés, pour nous permettre de découvrir, à notre tour, ce joyau de la Coupe du monde de football.

Sachez que ce passage du trophée dans notre pays, aussi court qu'il soit, restera gravé à jamais dans la mémoire du peuple comorien.

Je voudrais, ensuite, remercier toutes celles et à tous ceux qui se sont mobilisés, au niveau national, en faveur de l'organisation et la tenue de cet important événement.

Je voudrais, enfin, remercier tout particulièrement, la Société Coca Cola, pour avoir bien voulu sponsoriser le passage de ce trophée dans notre pays et permettre, ainsi, la réussite de ce grand évènement.

Vive la solidarité internationale ! Vive le football dans l'amitié et la coopération !

Je vous remercie.


Source : beit salam
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 19:06

Les Comores à l'heure du porte à porte

Les Comores à l'heure du porte à porte
Image d'archives

.Des dirigeants courbant l'échine, toute honte bue...

Ils auront travaillé comme des chefs durant cette année 2009. « Ils », ce sont les ennemis de la nation comorienne. Ils auront scié jusqu'aux branches où s'asseyent les derniers patriotes. Et s'il reste encore quelque souffle au citoyen de ces îles, c'est peut-être au creux de ses mains qu'il se niche. Comme la petite flamme d'une tige d'allumette malmenée sous le vent mauvais, ce souffle se maintient dans la fragilité d'un royaume éphémère. Qui a parcouru ces trente dernières années dans la houle des matins de défaite saura de quoi il retourne dans ces phrases. Il n'est pas besoin de brosser un dessin pour comprendre que nous ravalons notre honte en public dans le silence de l'indignité, désormais. Nous parlons de défaite, de défaite cuisante, d'un peuple habilement défait. Des frères et sours d'hier s'étripant à coup de discours haineux. Des dirigeants courbant l'échine, toute honte bue, face à l'adversité, redevenue omniprésente.
Des têtes pensantes renonçant aux corps à corps qui nous relient à la complexité du monde. Les Comores foutent le camp, et nous n'aurions même plus ce droit de l'écrire.
Il y a ceux qui mahorisent comme jamais, et ceux qui se la racontent et mystifient comme jadis. Les premiers parlent de nouvelle donne d'archipel à inventer dans un silence de morts sous kwassa, les seconds s'inquiètent de ne plus saisir le sens d'une conquête coloniale entreprise avec une mise de départ qui dépasse à peine les mille piastres. Dans tous les cas, la bête est soumise et ne s'en plaint plus. Colonisation, néo-colonisation, décolonisation ratée. Les mots n'ont que la valeur qu'on leur donne. Il nous arrive d'exprimer un certain malaise, lorsque nous nous sentons insultés par leur seule présence, lorsqu'ils incarnent la négation de ce que nous sommes. C'est alors que nous fabriquons une explication de derrière les fagots et avançons des hypothèses, en espérant saisir le sens de ce qui nous broie le visage, tout en rassurant l'assemblée des curieux, amassée autour des Comores. Nous voudrions comprendre sans la moindre amertume dans le regard, même si nous continuons à nous enfoncer sous l'eau, le pays avec nous. En prenant cette année 2009 comme référence, nous verrons qu'elle aura été difficile pour les défenseurs d'une communauté d'archipel au destin apaisé. Certains d'entre eux finissent encore de mordre la poussière.

Deux événements seront à retenir. Celui du 29 mars, date à laquelle les Mahorais, une nouvelle race d'insulaires en expansion, appelée à se dissoudre dans l'ultra-périphérie de l'Europe unie, se sont décidés à jouer à la roulette russe sous un ciel dégagé. Ils prétendent contourner le marécage comorien, leur destin étant déjà comptabilisé ailleurs. Ce qui signifie qu'ils reconnaissent l'essentiel de ce qui a été rendu comme justice par la France en ces îles, à savoir séparer et diviser pour mieux régner. Les Mahorais ne sont pas assez idiots, n'en déplaise à qui ne les aime pas, pour ne pas savoir que c'est grâce à la mise en pièce de tout un ensemble archipelique qu'ils sont devenus ce qu'ils sont. Leur choix lors du référendum de 1974 annonçait les coups bas, les putschs et les assassinats en tous genres perpétrés par la France des réseaux sous ces Tropiques. Mahorais ils voulaient être, Mahorais
ils le sont restés, en se constituant complices de toutes les forfaitures commises par l'adversité coloniale. Drôle de voir qu'aujourd'hui les polices aux frontières de l'Union des Comores les obligent à prendre la nationalité comorienne. Ce qui les autorise à aller et venir chez nous, pendant que nous. nous devenons persona non gratta une fois passée le mur de leurs frontières françaises.
Il faudrait être con pour ne pas s'apercevoir du service que nous leur rendons. Nous leur ouvrons grandes nos portes pendant qu'ils referment en clair les leurs. Ils n'existent quasiment pas, les Comoriens à qui on offre sans protocole une carte de séjour mahoraise sur le tarmac de Dzaoudzi contre un peu de cash et quelques vieux discours sur la fraternité passée. A l'aéroport du Prince Said Ibrahim, les flics frontaliers sont ravis de pouvoir faciliter le passage aux Mahorais, en les obligeant à bénéficier d'une carte d'identité nationale comorienne. Risible histoire d'une folie collective en perspective. Le deuxième événement que nous retiendrons cette année, c'est celui relatif au discours prononcé par le président Sambi à la 64ème assemblée générale des Nations Unies, où nous apparaissions comme pantins en foire. Il y a parlé de la possibilité pour nous de chiffrer le rapport entretenu avec la France sous forme d'annuités à verser au trésor public. Une rente possible, qui lui évitera peut-être un attentat présidentiel, en bout d'accord. Des chiffres à négocier contre l'odeur des cadavres encore fumants sous l'eau entre Ndzuani et Maore au rythme du visa Balladur. Des chiffres censés rassurer l'ennemi sur plusieurs décennies d'existence, en nous ménageant la possibilité d'arracher quelques dividendes dans la mise en vente réelle de nos âmes. Car Sambi, par ce geste, risquait de remettre en cause lui-même l'intégrité territoriale du pays, en admettant (singulièrement) l'idée d'une seconde administration (étrangère) de l'Etat comorien. De quelle souveraineté parlions-nous jusqu'à présent ? La question mériterait une réflexion plus ouverte, engageant tous les citoyens à se prononcer. Un vrai débat public.

La France de Sarkosy, elle, elle en a fortement rigolé. Nous, un peu moins. Car le cimetière, lui, s'agrandit, sous le bras de mer reliant l'Union des Comores à Mayotte française, pendant ce temps. Pour qui oublie que l'économie comorienne a longtemps été entre les mains de l'occupant, avant de s'effondrer telle la baudruche des lendemains de fête de plantation, la perspective de louer Maore aux Français pourrait paraître intéressante, d'autant plus que nous devinons ce que les Mahorais, peuple en souffrance suite au trop plein de Comoriens transplantés dans ses veines, ne savent qu'à demi mots. La France, contrairement à tout ce que l'on a raconté jusqu'alors, se fait des couilles en or, soyons vulgaires jusqu'au bout, en demeurant le seul maître de ce poste avancé de la mer indianoceane. Nous pourrions parler de sa centrale d'écoute, classée secret-défense, et sur laquelle aucun fouille-merde, dût-il s'appeler Pierre Caminade, militant français du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, n'aurait le droit d'aligner une question. Pour dire le fond de la chose, les Mahorais ne savent pas à quelle sauce on les mange sur la Petite-Terre. Toutefois, ils sont loin d'être fous. Ils exigent les avantages de la soumission. Car ils imaginent bien que la France ne continuerait pas à battre ses cartes diplomatiques sur ce bout d'archipel sous contrôle sans raisons. Il savent qu'il existe un enjeu supérieur à tous les autres, même s'ils ne le ne maitrisent pas, qui explique ce viol d'une terre insulaire. Ils reconnaissent leurs limites là où l'adversaire colonial rabat les cartes avec agilité et rouerie, et exigent en échange de leur mutité surfaite un bon paquet d'euros à dépenser dans le consumérisme le plus baroque.

Le souci avec les Mahorais, comme avec les Comoriens, en général, c'est qu'aucun citoyen de cet archipel n'arrive à dénouer le fil des intérêts profonds de la France d'une manière efficace et autrement visible. Il y en a même qui disent que c'est parce qu'elle nous aime qu'elle demeure là. Ce qui amène à répéter quelques fondamentaux à qui veut bien l'entendre. La France aux Comores n'a jamais été une nation amie. Elle a annexé, rusé contre les uns, tué d'autres, torturé comme à la gégène, revendu ce qu'elle pouvait, corrompu les meilleurs d'entre nous, escroqué les plus vulnérables. La liste est longue. Ce qui explique que la plupart se contente de parler de ce pays comme d'une victime effarouchée et trahie par une puissance assise dans le vaste concert des nations. Nous ne parlons jamais de ce que nous pourrions réellement entreprendre pour se jouer des failles de son système. Car il en a, des failles, bien que nous n'ayons jamais été assez malins pour en l'affaiblir dans son élan. Tout comme nous nous sommes montrés incapables de fraterniser plus longuement avec ceux qui épousaient notre cause au lendemain des premières indépendances déclarées de l'Afrique contemporaine. Nous n'aurions même plus d'amis pour cette cause comorienne mise sous scellée par la France. D'ailleurs, nous nous avouons tout aussi incapables de confondre l'adversaire avec le sang de nos propres morts, ses victimes, qui ne s'appellent pas tous Ahmed Abdallah, Taki Abdulkarim ou Ali Soilih, loin de là. La majeure partie d'entre eux n'ont même pas eu à mourir sous les balles des mercenaires, français, et autres hommes de main des réseaux. La majeur partie de ceux qui sont tombés, l'ont été pour service non-rendus à l'intérêt général, et pour cause de précarisation avancée de la grande partie de l'archipel par un ennemi devenu trop malin au fil du temps.

Le résultat nous a rendus sages et muets. Seuls agissent encore ceux qui traînent leurs guêtres aux pieds du monstre, en trahissant les leurs. Ils sont nombreux, les Comoriens qui marchent sur leurs morts et travestissent leur mémoire en partage. Mais qui ose encore le signifier à l'opinion ? A la grande opinion de ceux qui font mine de ne rien percevoir de cette dure réalité ? Qui se donne encore la peine de se mirer dans le rétro ? Le passé nous dérange par cette capacité qu'il a de nous rappeler à notre dignité rompue. Nous fûmes capables un jour de dire non à un destin servile, et il y a de cela très longtemps. Aujourd'hui, nous évitons de mentionner jusqu'au mot « liberté » dans nos discours par peur du quotidien, et pour ménager le poids de nos destins fragilisés. Personne ne veut ou ne souhaite faire le lien entre la misère du pays et le fait que l'adversaire nous a longtemps mis à l'amende dans l'idée d'écraser toute contestation possible. Comme nous, vous avez dû entendre claironner partout que les Mahorais ne veulent plus être Comoriens, parce que nous finissons pauvres, mendiants et arriérés. Ils auraient pu dire que nous sommes le degré zéro de ce qu'ils sont devenus, des moutons de Panurge. Mais non ! Car le déni de soi s'accompagne chez eux de cécité volontaire et de sourires malencontreux, pendant que s'accumulent les malentendus de la relation coloniale. Ainsi s'épaissit le mystère qui veut que nous nous écrasions dans la douleur sourde des matins de défaite, en applaudissant le bourreau. Une internaute, française, d'origine comorienne, nous écrivait il y a peu pour savoir si, au-delà de sa naïveté (selon ses propres termes) et de son incompréhension des enjeux en place, nous pouvions lui expliquer pourquoi nous étions si négatifs à l'égard de la France aux Comores. Nous, on s'est demandé si elle avait écrit à l'ambassade de France à Moroni ou au Quai d'Orsay à Moroni pour savoir les raisons de tant d'acharnement dans l'histoire envers un petit pays, qui ne demande qu'à s'affranchir de sa pauvreté ? A écouter Cassandre et ses faux amis, tout serait de notre faute. La conquête, l'annexion, les coups d'Etat, les déstabilisations économiques, les rêves de miséreux. C'est nous qui avons sans doute cherché à ce que la France se déplace et traverse 12.000 kilomètres de distance pour venir se conduire ici en prince des royaumes oubliés. Autrement dit, nous avons exagéré en 1975, en exigeant notre droit à la liberté des peuples, notre souveraineté. Pas étonnant qu'elle se soit retournée contre nous ensuite, transformant l'indépendance autoproclamée en une forme de « dépendance » plus ou moins assumée par tous.

Produire du discours. Mais quel discours contre qui ? Nous aurons remarqué que nos intellectuels et nos cadres se mettent peu à peu au service du plus fort et lui fournissent même des arguments contre ce qui fut leur patrie de naissance, en échange de quelques services rendus, à leur seul bénéfice. Nous aurons aussi remarqué que nos leaders d'opinion, toutes catégories confondues, s'invectivent en public dès qu'il s'agit de sabrer à même la carrière d'un des leurs, éventuel opposant dans les nombreux rings de la politique intérieure, mais qu'ils ravalent leur salive dès lors qu'il s'agit d'affronter l'ennemi extérieur, comme si l'avenir de ce pays n'était pas le même, quel que soit le bout d'archipel pris à la loupe. De nos jours, seuls se distinguent vraiment ceux qui revendent les bijoux de famille en douce, en se disant qu'ils ne seront pas là à l'heure du tragique bilan de fin de partie. Ils seront morts à l'heure de ce triste bilan et auront bien profité de leur frêle existence au pouvoir. Nos concitoyens se rendent-ils compte que ce pays cessera un jour d'exister, simplement parce que des générations d'hommes auront cédé à la promesse de quelques paquets de billets de banque ? Nous, nous voulons douter de notre capacité à inventer de nouvelles formes de résistance contre la mise à mort annoncée de l'archipel. De notre capacité à faire sentir que la bête, certes, agonise, mais n'est pas morte, et peut encore se relever de sa chute. En cette année 2009, il est vrai, il aura suffi d'un petit geste à certains pour se donner une figure contestataire aux yeux de l'opinion, mais, ces gens, la France s'occupe de les affaiblir dans leur geste depuis. En recourant, notamment, aux services de compatriotes, à qui la perspective d'un pays éclaté ne dérange absolument pas.

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Une fois rendus aveugles, les borgnes ne sont plus riens. Alors, l'ennemi travaille à casser nos quelques borgnes en service. En passant, nous pourrions vous citer deux ou trois de ces borgnes en difficulté. Les inquiétudes d'une jeunesse Watwaniya, à qui on suggère une montagne de promesses contre leur silence face au délitement de l'archipel, illustre bien ce propos. Le patriotisme que revendique cette jeunesse agite le sommeil de beaucoup de nos hommes politiques. Le gungu la mcezo, performance artistique, réalisée en mars dernier contre la départementalisation de l'archipel par le comédien Soeuf Elbadawi et ses amis, dont le plasticien Seda et le journaliste Saindou Kamal, aux côtés des mêmes Watwaniya, résonne à présent comme un feu de paille, même s'il est vrai qu'il a pu interpeller une opinion plus large, allant au-delà des frontières comoriennes. Même les colères mesurées du Comité Mahorais contre ceux qui mettent à mal l'intégrité territoriale du pays, vont buter contre un mur. Ces colères n'intéresseront d'ailleurs plus l'opinion comorienne, remplacées qu'elles seront par la foire d'empoigne des législatives. A peine si quelqu'un aura le temps de rappeler durant ces législatives que nous traversons une crise de la représentation depuis 1978. Une crise qui n'encourage pas à miser sa confiance dans aucune machine partisane. Si un député pouvait changer quelque chose dans l'avenir de ce pays, nous en aurions entendu causer depuis bien longtemps. Mais bon, qui osera les contredire dans les meetings pour ramener le vrai débat d'un pays malmené, avec la complicité de ses enfants, sur la place publique ?

La vérité est que la question du destin de l'archipel est tout sauf nationale, à ce jour. Les Comoriens se sont laissés persuadés qu'ils auraient leurs vrais problèmes, qu'i n'auraient rien à voir avec le problème d'un Etat comorien en bisbille avec la France. Ils sont peu à vouloir faire le lien entre la question coloniale et leur vécu dans un pays sciemment précarisé et fragilisé afin de satisfaire aux enjeux d'une nation plus forte. Il aurait sans doute fallu que le travail de conscientisation politique entamé à l'époque du msomo wa nyumeni se poursuive plus intelligemment de nos jours ou que les restes du discours révolutionnaire du mongozi Ali Soilih continuent à hanter nos esprits. Tant que l'intégrité territoriale de ce pays ne sera défendue que par une poignée de Mohicans agités, la fin de cette histoire comorienne pourra s'écrire sur le tableau de notre mémoire sous valium. Mais si nos intellectuels se mettent à faire le porte à porte nécessaire pour détailler au peuple ce qui lui arrive, et pour lui parler d'autre chose que de vote sans effets sur leur vie, il y a des chances pour que l'espoir revienne parmi nous. Un travail à entamer dans l'urgence. Car si nous n'arrivons pas à convaincre la communauté internationale contre son partenaire français, nous pouvons au moins rappeler aux Comoriens ce qu'ils ont perdu en trente quatre ans de souveraineté malmenée. Il faut que ce combat redevienne populaire pour bénéficier la dimension qu'il mérite aux yeux du monde. Reprenons nos bâtons de pèlerins pour que le peuple réapprenne enfin où se situe sa responsabilité dans le délitement de l'archipel...


Collectif Komornet

# Posté le dimanche 22 novembre 2009 05:26

LE PEUPLE COMORIEN S'ENFONCE, LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE LUI TAPE -DESSUS

LE PEUPLE COMORIEN S'ENFONCE, LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE LUI TAPE -DESSUS
TRIBUNE LIBRE

LE PEUPLE COMORIEN S'ENFONCE, LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE LUI TAPE -DESSUS


Qu'importent les doutes de la Communauté internationale, complice du feu qui brûle le peuple comorien, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi impose sa loi.

Sambi n'en démord pas. Sa stratégie électorale est gagnante. La preuve ? « Mes choix sont validés par la Communauté internationale avec au premier rang l'Union africaine », a-t-il répété à sa garde rapprochée avant de s'envoler vers l'étranger. « Ce référendum m'ouvrant le chemin vers une présidence à vie a été validé par cette communauté internationale, les yeux fermés et bien sûr avec la bénédiction de l'Armée Nationale de Développement ». Nos partenaires ont beau avoir des doutes, rouspéter contre l'utilisation des fonds de la citoyenneté économique et du projet habitat et l'opposition s'énerver de l'interview dans Albalad du directeur de cabinet du chef de l'Etat, Mohamed Bacar Dossar qui affirme du prolongement d'un an du mandat président Sambi depuis la promulgation de la loi référendaire du 17 mai, s'interroger sur la nature des investissements de Bachar Kiwan sur notre sol, crier du haut de leurs toits de la mise à mort de l'Accord Cadre de Fomboni avec comme seul objectif tuer la Tournante dont le tour revient aux mohéliens, rien n'y fait. L'hôte de Beit Salam poursuit son chemin, persuadé d'avoir raison dans son aventure.

Or ce qui se passe dans le continent doit interpeller le président Sambi et celles et ceux qui pensent à tort que cela n'arrive qu'aux autres. Cette crise ouverte entre Beit Salam et Kandani inquiète. Mais du haut du sommet de l'Etat on minimise les faits et on attend impatiemment l'arrivée du chef de l'Etat à Moroni pour relever le Général Salimou de ses fonctions de chef d'Etat Major après avoir contesté la nomination de Mohamed Anrifi Moustoifa, au poste de Commandant régional à Moheli, que le Général qualifie de '' nomination politique''. Le Général Salimou s'est appuyé sur la loi organique n° 97-009 / AF du 21 juillet 1997 en son article 30 « les commandants régionaux sont les représentants du chef d'Etat Major. Ils agissent par délégation de cette autorité militaire ».

Ceux qui connaissent le président Sambi et son entourage savent d'avance que la tête du Général va tomber et tant pis pour la suite des événements. N'ayons pas peur des mots et soyons tous comptables de notre histoire. Ces nominations de la dernière minute qui nous exposent à un bain de sang sont d'ordre électoral. Déterminé à emporter haut la main ces élections qui lui ouvrent un boulevard de prolonger son mandat, le président Sambi entend mettre à la tête des îles des hommes forts qui obéiront à ses ordres et qui n'hésiteront en aucun moment à jeter en prison ceux qui s'opposeront à sa victoire. Nous avons vu tous ce qui s'est passé à Moheli lors du référendum du 17 mai où certaines personnalités sont humiliées, tabassés et jetées dans un hangar parce qu'elles se sont opposées à cette mascarade de référendum. Mais quand ça arrange certains, on oublie vite et personne n'en parle.

En nommant Anrifi sans avoir consulté le chef d'Etat Major, le président Sambi a vite compris que l'Armée nationale de développement sous les ordres du Général Salimou, n'entend pas politiser l'institution militaire et s'interdit d'user leurs armes pour faire gagner les candidats de la mouvance présidentielle. La lettre adressée à Anrifi par Salimou, en est la parfaite illustration de cette thèse.

Oui, comme vous et moi, la tête du Général va tomber et la suite ? Et surtout lorsqu'on sait et sans se voiler la face que les partisans de Salimou ne laisseront pas passer inaperçu le limogeage de leur « champion » et n'entendent pas jouer les prolongations. Soyons humbles et ne sacrifions pas notre matière première, en l'occurrence la paix pour de fins personnelles. Le devoir de chacune et chacun face à cette menace de voir notre armée s'entretuer, est d'interpeller les responsables politiques à une retenue et se méfier d'un laisser aller qui pourrait nous coûter cher dans les prochaines heures. Dans le cas où le limogeage du Général n'intervient pas dans l'immédiat afin de permettre ces élections de se dérouler sans entrave, le Général pourrait être maintenu comme cela a été souligné dans la Gazette des Comores mais l'après élection qui se soldera par la fin du règne du Général, est à prendre au sérieux car les blessures seront ouvertes et plus de place à la paix et au dialogue.

Ce qui me surprend dans toute cette histoire est la fuite aux vestiaires de l'arbitre de ce match à haut risque et cet arbitre n'est autre que le dénommé Communauté Internationale, garant de l'Accord Cadre de Fomboni, qui, hier, à Moheli, disait que la seule issue qui reste au peuple comorien pour mettre un terme au séparatisme est d'opter pour une présidence tournante entre les îles de l'archipel. Et même si je vais froisser certains mais je pense que le moment est venu pour réveiller mes frères et s½urs anjouanais qui, aujourd'hui protégés par le sommet, sont celles et ceux qui derrière le mur du séparatisme nous ont « imposé » la Tournante et personne aujourd'hui ne dit rien. Nous avons l'impression que nous sommes tous atteints par la maladie d'Alzheimer. Je sais que parfois la vérité dérange mais elle mérite d'être dite en cette phase critique de notre jeune histoire.

A cette Communauté Internationale qui se cache dans les vestiaires et regarder à travers un trou ce match à haut risque, le souhait que je formule est de refuser de mettre la main dans la poche à la hauteur d'un milliard de francs comoriens pour financer des élections dont vous savez tous qu'elles sont gagnées d'avance par le pouvoir étant donné l'atmosphère et surtout lorsqu'on connaît la nature de la Cour constitutionnelle, un autre arbitre qui ne siffle jamais le camp du pouvoir, pourtant les fautes commises imposent un carton rouge. Mais pour fuir ses responsabilités, cette Cour conçue sur mesure par le maître de Beit Salam, préfère se déclarer « incompétente » pourvu que le maître trouve satisfaction. Un milliard de nos francs serait utile pour venir en aide à nos hôpitaux qui meurent à petit feu, sortir le pays de l'obscurité, financer l'éducation, créer des entreprises, au lieu de financer des élections qui nous exposent à une situation incontrôlable.

Cette aventure du président Sambi me rappelle deux évènements tristes qui resteront gravés dans nos mémoires notamment le référendum de 1989 visant à autoriser le président Ahmed Abdallah Abderemane à briguer un troisième mandat, pourtant limité à deux ans et le débarquement militaire à Anjouan qui a fait partir le colonel Mohamed Bacar et ses hommes. Heureusement que ce départ n'a pas fait couler de sang après avoir été négocié par les deux hommes forts d'Anjouan : Sambi et Bacar. Le premier voulait se débarrasser de son ami d'hier, qui, grâce à ses services, il est élu à la tête de l'Etat et le second régler ses comptes, après avoir été senti trahi et pousser à la porte pour céder la place à de nouveaux dauphins.

Le dénominateur commun de ces trois grands hommes qui ont marqué l'histoire de notre pays, est qu'ils sont tous d'une même origine, présidents, et obsédés du pouvoir jusqu'à l'extrême. Ils comptabilisent tous les trois vingt deux ans de règne, ce qui n'est pas négligeable après trente quatre ans d'indépendance, n'est ce pas ?

C'est ma réflexion avant l'heure et nous avons tous droit à un regard sur l'actualité de notre pays et chacun est libre de livrer son point de vue sans pour autant tricher avec l'histoire car celle-ci ne ment jamais et châtie sévèrement le moment venu.



Mouigni Abdou
Citoyen

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 15:20

POURQUOI LE GENERAL SALIMOU, CONTESTE T-IL L'AUTORITÉ DU PRÉSIDENT SAMBI ?

POURQUOI LE GENERAL SALIMOU, CONTESTE T-IL L’AUTORITÉ DU PRÉSIDENT SAMBI ?
TRIBUNE LIBRE

POURQUOI LE GENERAL SALIMOU, CONTESTE T-IL L'AUTORITÉ DU PRÉSIDENT SAMBI ?

ABDOULWAHAB LUI REND UN VIBRANT HOMMAGE

La grave crise qui oppose le Chef d'Etat-major au Président Sambi a fait l'objet de larges échos et commentaires. Nous savons tous pourquoi le feu a pris mais, nous ignorons encore , pour quelles raisons, le Général Salimou a pris un risque aussi élevé en déclarant nulle et non avenue, un décret présidentiel. Pour avoir côtoyé l'individu, nous pouvons affirmer que plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision unique dans l'histoire de l'armée de notre pays.

1/ SALIMOU QUI EST AVANT TOUT UN ÊTRE HUMAIN, S'EST TROMPE EN FAISANT UNE MAUVAISE INTERPRÉTATION DES RÈGLES DE DROIT :

En partant du constat simple que nul n'est infaillible et que tout le monde peut se tromper, nous souhaiterions donc lui accorder des circonstances atténuantes mais des éléments objectifs nous en empêchent. Se disant très cultivé et supérieur aux autres, M. Salimou ne peut ignorer la disposition constitutionnelle qui fait du Président de la République, le Chef de l'Armée. Par ailleurs, la loi fondamentale accorde au Chef de l'Etat, le pouvoir de nommer à tous les emplois civils et militaires. Sur la base de ces deux dispositions, M. Salimou comme d'ailleurs tous les militaires, n'ont aucun droit de contester, de quelque manière que ce soit, une décision émanant de l'autorité suprême. Tout cela, notre Général le sait parfaitement bien. Il n'a donc droit à aucune excuse. L'autre fait marquant qui nous permet d'écarter la méconnaissance des textes ou l'erreur d'interprétation c'est qu'après le scandale provoqué par sa note, M. Salimou a convoqué les officiers de l'AND pour leur notifier qu'il ne retirait pas une virgule de ce qu'il avait écrit car, il était dans son bon droit. En substance, il leur a fait comprendre que les autorités civiles de tutelle qui sont le Président et son Directeur de cabinet chargé de la Défense, n'avaient aucune autorité sur la troupe. Il s'agit là d'un drôle de conception de la hiérarchie militaire. En tout cas, c'est une faute très grave qui va non seulement à l'encontre du règlement mais jette le discrédit sur l'institution militaire. Qu'aurait fait M. Salimou si par exemple, un de ses commandants régionaux avait interdit à ses hommes d'exécuter un ordre qu'il aurait donné ? Nous restons persuadés qu'il l'aurait sanctionné avec la plus grande rigueur. Par souci d'équité et pour démontrer que les règlements s'appliquent à tous, il ne peut donc y avoir deux poids, deux mesures. Sambi doit donc réagir sinon, il va devenir l'otage d'un homme qui se sentira superpuissant et au-dessus des lois. A partir de là, l'officier deviendra totalement imprévisible et incontrôlable.

2/ SALIMOU SE PLAINT DE N'AVOIR PAS ÉTÉ CONSULTE

Cela est peut être vrai mais, au vue de ce que nous venons de développer, l'absence de consultation constitue t-elle un motif valable et surtout suffisant pour s'opposer de façon aussi insolente et discourtoise au décret du Président Sambi ? La réponse est sans doute négative car, les militaires ne doivent pas avoir d'états d'âme. Par ailleurs, les subordonnés doivent obéissance absolue à leurs chefs à moins que les ordres qui leur sont donnés soient, manifestement contraires à la loi. Dans le cas d'espèce du décret portant nomination de M. ANRIFI, le Président Sambi a agi dans le cadre strict des prérogatives qui lui sont dévolues par la constitution. Monsieur Salimou doit se référer au sens étymologique du verbe CONSULTER qui signifie tout simplement, demander conseil. S'il est de coutume que le Chef d'Etat demande l'avis de son Chef d'Etat-major sur les questions qui touchent à la défense nationale, cette formalité n'est pas obligatoire et ne fait en aucune manière obstacle à la prise d'une décision. Le Général s'est donc lamentablement trompé dans son analyse des faits. Nous croyons plutôt qu'il a agi en toute connaissance de cause et qu'il a d'autres visées.

Le problème majeur qui se pose est que Salimou fait partie de ces officiers à travers le monde qui refusent la primauté des autorités civiles sur les militaires. Pour eux, l'armée est une affaire de professionnels et les civils n'y ont pas leur place. En outre, avec son égo démesuré et la condescendance qu'il affiche en toutes circonstances, il croit être le seul officier digne de commander l'armée nationale, les autres étant des moins que rien. Les bureaux de Kandani sont-ils déjà devenus exigus ? Songe t-il comme son aîné Azali qui était aussi Chef d'Etat-major à occuper un fauteuil plus confortable à Beit SalaM ?

3 / SALIMOU QUALIFIE LA DÉCISION DU PRÉSIDENT DE «POLITIQUE»

Appartient-il au Chef d'Etat-major de juger de l'opportunité d'une décision émanant du Chef de l'Etat ? Non. M. Salimou feint d'ignorer que dans tous les pays du monde, certains postes de responsabilité surtout dans le domaine militaire, sont attribués en dehors des critères classiques de choix. Il a oublié dans quelles circonstances il a été parachuté au grade de Général. Il a surtout oublié qu'en principe, entre le chef de l'Etat et son Chef d'Etat-major, il ne doit y avoir place à la moindre polémique. Il est vrai qu'il a toujours été placardisé et coupé des réalités mais, il devrait se rappeler qu'à l'arrivée du feu, Président TAKI au pouvoir, des caporaux-chefs et des soldats de l'armée française ont été bombardés officiers supérieurs et personne n'a eu à le contester. Ne s'agissait-il pas de promotions politiques?

Officier à la personnalité d'ordinaire effacé, le Général Salimou affiche depuis sa désignation au poste de Chef d'Etat-major beaucoup de suffisance et de mépris à l'égard de ses subordonnés. Très complexé par ses origines, il cherche à se créer une place au sein d'une communauté militaire qui l'a toujours marginalisé. Il reste persuadé que l'autoritarisme est le seul moyen pour parvenir à ses fins.

Le Général Salimou tient un double langage. Parlant à ses officiers, il dit vouloir assumer toutes ses responsabilités et clame haut et fort qu'il ne regrette pas son geste. Pourquoi dans ce cas, fait-il aujourd'hui, le tour des notables et des hommes politiques de Ngazidja pour leur demander d'intercéder en sa faveur auprès du Président et l'aider à atteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé?

Monsieur le Général, il faut avoir le courage de ses idées et assumer ses actes ! Vous avez été rattrapé par l'histoire. Vous avez divisé l'armée nationale en écartant tous ceux qui vous font de l'ombre ou qui ne partagent pas votre façon tyrannique de commander. Non content d'avoir crée des clans au sein de l'AND, vous vous évertuez aujourd'hui à dresser les militaires de Ngazidja contre leurs frères de Ndzouwani en voulant leur inculquer l'idée qu'il s'agit d'un complot contre les wangazidja. Ce discours indigne d'un homme de votre rang, porte les germes du séparatisme. Il est distillé tous tous les jours par M. Abdoulwahab qui vous a d'ailleurs rendu un vibrant hommage. Il a trouvé en vous, un allié de poids pour humilier et affaiblir le Président Sambi. La seule question à laquelle nous attendons une réponse claire : Pour qui travaillez-vous ? Vous êtes tous les deux, des êtes ingrats. Vous oubliez que c'est ce même Sambi qui vous a faits Rois. Aujourd'hui, vous ne pensez qu'à une chose, être Khalif à la place du Khalif.

Enfin, le Président Sambi est seul à pouvoir trancher. Toutefois, nous attirons respectueusement son attention sur les risques qui pèsent sur la sécurité de notre pays. Les ambitions démesurées de certaines personnes peuvent faire rapidement basculer notre nation dans un chaos où elle mettra longtemps à se relever. En sa qualité de Président de la République, garant de l'unité et de la sécurité de la nation, nous lui demandons de prendre les mesures à la hauteur de l'affront qui lui a été fait et susceptibles de préserver la paix et la stabilité dans notre pays. Nous lui demandons surtout de ne pas céder aux paroles mielleuses de faux notables qui ne comprennent rien à la gravité de la situation. Si le Président Sambi laisse impuni un tel acte, il expose l'institution militaire à un danger d'implosion qui pourra avoir des répercussions graves. Nous lui suggérons donc de prendre toutes ses responsabilités.

PARIS, le 20 Novembre 2009 / LES ÉCHOS DE KANDANI

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 15:15

Moroni s'apprête au show du passage du trophée après-demain, dimanche

Moroni s'apprête au show du passage du trophée après-demain, dimanche

Moroni s'apprête au show du passage du trophée après-demain, dimanche

Le trophée de la coupe du monde 2010 arrive à Moroni dans 72 heures. Le plus prestigieux trophée sportif mondial est attendu dans notre capitale ce 22 novembre à 18h précises. A 19 heures, cet or massif de 18 carats sera transporté par le contingent de la Fédération internationale de football association (Fifa), en compagnie des membres de la Fédération comorienne de football (Fcf) au Palais présidentiel de Beit-Salam. Peu après, le chef de l'Etat, va accueillir le trophée devant la presse locale. “Après cette présentation, le trophée sera transporté à l'hôtel Itsandra où il logera jusqu'au lendemain”, affirme Faissoile Moussa chargé de communication de la Fcf.
Une conférence de presse aura lieu pour la même circonstance, lundi 23 novembre à Itsandra Beach hôtel. Vers 10 heures du matin, la délégation de la Fifa va ramener le plus convoité des trophées du monde au stade international de Mitsamihuli. Un tournoi sera organisé entre 10h 30 et 15h pour des jeunes de moins de 15 ans et les gagnants de cette compétition vont faire une pose avec le trophée. “Un moment inique pour nos jeunes footballeurs”, lance un membre de la commission nationale de l'organisation.
Le vol spécial affrété par la Fifa pour le transport de ce trophée en or massif de 6.175 kilogrammes pour 368 centimètres de hauteur décollera à 18 h pour Saint Louis, la capitale mauricienne.
Ce vendredi, le trophée est accueilli à Dar Es Salam, en Tanzanie avant de débarquer à Moroni. Après le passage du l'oeuvre de l'artiste italien Silvio Gazzaniga, les amateurs du ballon rond mauriciens auront l'honneur de voir à l'oeil nu le trophée avant les Zimbabwèens et les Malawites. Le prestigieux trophée est conçu par Silvio Gazzaniga, artiste Italien. Il a décrit son oeuvre en ces termes : “les lignes s'élèvent du socle, remontent en spirales, et s'ouvrent pour recevoir le monde. À partir des tensions imposantes et dynamiques du corps compact de la sculpture s'élèvent les silhouettes de deux athlètes au moment exaltant de la victoire”.


Elie-Dine Djouma

Source : Al-watwan N° 1447 du 20 novembre 2009

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 15:16

Saïd Larifou : “La situation est malsaine”

Saïd Larifou : “La situation est malsaine”
Saïd Larifou : “La situation est malsaine”


Océan Indien

Saïd Larifou est de retour à La Réunion. Avec une convocation devant la justice comorienne pour le 24 décembre prochain. Il revient sur son arrestation et l'accusation d'offense envers le président Sambi.


Dans quelles circonstances avez-vous été arrêté ?


Saïd Larifou : J'ai reçu la visite de deux gendarmes au siège de mon parti, le Rijda (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie), mardi matin. Je préparais la campagne législative. Ils m'ont alors prié de les suivre. Mais ce n'est qu'après avoir pris mes dispositions que je suis allé à la gendarmerie.

Que vous reproche-t-on exactement ?

On m'a demandé si je reconnaissais avoir tenu des “propos outrageants” envers le président Sambi pendant un meeting, dimanche dernier. Je me suis bien sûr étonné qu'un meeting, dans le cadre d'une campagne électorale, devienne outrageant dès lors qu'il n'était pas favorable au président.

Quels propos visés parmi ceux que vous avez tenus ?

Durant ce meeting, j'ai expliqué que le chef de l'État ne respectait pas l'Islam, alors qu'il en a fait un des principaux axes de son mandat. Il a, par exemple, organisé une campagne législative en pleine période de prière et de recueillement pour les Musulmans. Les Comoriens sont également choqués de voir que rien n'est fait dans l'enquête sur le crash de la Yemenia (*). Et j'ai évidement critiqué la politique sociale, le désordre qui règne dans le pays et la scission de l'armée. La situation est malsaine aux Comores. Le pouvoir en place a paniqué face à ces accusations. D'autant que la pétition pour une alternance démocratique en 2010 que nous avons lancée, recueille un franc succès.

Avez-vous été maltraité ?

J'ai subi des violences physiques. Comme je ne répondais pas dans le sens souhaité aux gendarmes, ils ont commencé à me pousser. Je leur ai fait savoir que je trouvais cela inacceptable. J'ai même réclamé à trois reprises la présence d'un médecin pour déterminer si j'étais en mesure de poursuivre l'interrogatoire. Sans quoi je ne répondrais pas aux questions. Cela m'a été refusé. Le procès-verbal de l'audition a, en outre, été falsifié. J'ai d'ailleurs refusé de le signer. Ils ont même menacé d'incarcérer mes avocats qui avaient fait part des violences dont j'étais l'objet.

Quelle a été l'attitude du parquet de Moroni, mercredi matin ?

On m'a posé les mêmes questions que les gendarmes. Et j'ai donné les mêmes réponses. Ce n'est pas Larifou qui a offensé l'Islam, c'est le président Sambi. Finalement, j'ai reçu une convocation devant le tribunal pour offense au chef de l'État et ai été laissé libre de mes mouvements. L'audience, à laquelle je me rendrai, aura lieu le 24 décembre. En attendant, je reprends mon activité d'avocat à Saint-Pierre, dès demain (NDLR : ce matin).

Quel était l'objectif de la justice comorienne ?

M'affaiblir, moi et le Rijda. Mais cela renforce ma détermination. La politique comorienne est corrompue. Le président Sambi a muselé le pouvoir législatif en n'organisant pas comme prévu les élections législatives en 2009. Depuis, il ne légifère plus que par ordonnances. Le pouvoir a aussi invalidé nos candidats aux législatives, a en a corrompu certains... Les médias sont suspects aussi. Ainsi, je soupçonne le journal Albalad de n'être qu'une vaste entreprise de blanchissement d'argent. Il survit sans rentrée financière : il est gratuit, les petites annonces aussi, il embauche des journalistes à tour de bras... et évidemment ne fait que critiquer l'opposition. Et par là-dessus, on m'arrête ! La campagne qui s'annonce doit servir de tremplin aux présidentielles.

Retournez-vous bientôt aux Comores ?

Dès la semaine prochaine puisque doit avoir lieu une manifestation organisée par le Rijda. Et je ne crains pas de vivre la même situation qu'en 2003 (**). Ce que nous faisons est trop important

Propos recueillis par Benoît Toulorge

* : Le 30 juin, un avion de la Yemenia Airways, transportant principalement des Comoriens à son bord, s'était abîmé dans l'océan Indien faisant 152 victimes. ** : Il avait été arrêté pour tentative de coup d'État et avait passé trois semaines en détention.

Source:clicanoo.com.

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 07:52

Une nouvelle compagnie aérienne dessert les Comores.

Une nouvelle compagnie aérienne dessert les Comores.
Une nouvelle compagnie aérienne dessert les Comores.

Une nouvelle compagnie, African Express, va désormais desservir les Comores. Ce DC-9 de 110 places doit assurer deux vols hebdomadaires entre Nairobi et Moroni avec un bref escale à Mombassa, la deuxième ville kényane. Cette desserte se fera en partenariat avec Egypt'Air qui va se charger d'une ligne Paris-Moroni.
La compagnie African Express va désormais desservir les Comores. Un DC9 de cette compagnie a atterrit mercredi 18 novembre à l'aéroport prince Saïd Ibrahim aux environs de 10 h avec à son bord une centaine de passagers et sept membres d'équipage. Cette desserte se fera en partenariat avec Com'Air, Assistance et Egypt Air, a atterrit
Dans un premier temps, deux vols hebdomadaires sont programmés dans la semaine, du lundi au mardi et du mercredi au jeudi. Cette périodicité doit permettre d'assurer l'entretien de l'appareil et le repos des membres d'équipage, mais aussi de prévenir les éventuels problèmes techniques.
“Nous avons obtenu un accord de partenariat avec France-Comores- Voyages qui a son siège à Paris et qui est la seule compagnie agréee par l'Etat comorien. Nous comptons également signer d'autres conventions prochainement avec d'autres compagnies”, a déclaré un responsable de cette compagnie à Paris, Mohamed Youssouf.
Pour sa part, le directeur général de Com'Air Assistance, Bourhane Ahmed Bourhane, a a déclaré faire tout pour que le transport se développe, pour le bien du pays avant de rappeler les “graves dégâts” causés par le crash, en juin dernier, de l'Air bus A310 de la Yemenia.
Le tarif affiché par African Express est de 125000 francs pour un aller retour, Nairobi-Moroni, en passant par Mombassa, la deuxième métropole Kenyane. “Par nos tarifs plutôt bas nous ne cherchons pas à concurrencer les autres compagnies, mais c'est pour nous un moyen d'aider notre pays et les personnes qui désirent voyager”, explique le responsable de Com'Air Assistance qui s'est empressé de “rappeler” que African Express ne remplaçait pas Yemenia
Airways. Com'Air qui assure l'assistance au sol des compagnies qui desservent les Comores va, désormais, représenter la compagnie African Express. Son associé principal, Egypt Air, va prendre en charge de la ligne Paris-
Moroni. Le vol inaugural d'African Express est parti hier 19, avec un tarif exceptionnel de cinquante mille francs (50 000fc) pour un aller-retour pour Mombasa.
Il s'agit d'un avion assez confortable, capable d'embarquer 110 passagers, autorisés chacun à embarquer 40 à 45 kg de bagages en soute et 8 kg de bagages en main. Com'Air et Egypt Air en collaboration avec African
Express exploitent cet avion “a fin d'aider la population comorienne et surtout la diaspora”.


Rifhati Mohamed.

Source : Al-watwan N° 1447 du 20 novembre 2009

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 07:17

Crash du vol IY626 de la Yemenia : La partie yéménite demande une contre-expertise de l'enquête

Crash du vol IY626 de la Yemenia : La partie yéménite demande une contre-expertise de l’enquête


Le travail sur les enregistreurs de vol de l'Airbus avait débuté le 31 août dans les locaux du Bea au Bourget en France en présence des membres de la commission qui a été chargée de l'enquête. Jusqu'à ce jour les premiers résultats de l'enquête sur les circonstances de l'accident n'ont pas été rendus publics.
Un communiqué “n° 14” de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie sur cette question est attendu incessamment.


La partie yéménite “demande une contre-expertise” de l'enquête menée par le Bureau d'enquête et d'analyse (Bea) dans le cadre du crash du vol IY626 de l'Airbus A310 de la compagnie Yemenia, survenu au large des côtes comoriennes, le 30 juin. C'est ce qu'a affirmé, hier, une source gouvernementale comorienne.
La suite de cette enquête a été parmi les sujets abordés en conseil des ministres du 18 novembre 2009.
Selon des sources dignes de foi, toutes les parties impliquées dans l'affaire seraient d'accord avec la requête de la compagnie nationale du Yemen. Néanmoins, les autorités comorienne ont demandé à ce que “le bureau a qui sera confiée cette mission de contre-expertise soit un bureau internationalement reconnu”, a rappelé la même source gouvernementale.
On se souvient que le travail sur les enregistreurs de vol de l'Airbus a été effectué dans les locaux du Bea au Bourget en France en présence des membres de la commission qui a été chargée de l'enquête. Ce travail avait débuté le 31 août. Jusqu'à ce jour les premiers résultats de l'enquête sur les circonstances de l'accident n'ont pas été rendus publics. Un communiqué “n° 14” de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie est attendu incessamment.
Pour ce qui est de l'identification des corps, une réunion technique s'est tenue le lundi 16 novembre à l'hôtel Itsandra entre les techniciens comoriens, français, et les assureurs. Il s'agissait de procéder aux premiers travaux de “croisement” des analyses d'Adn. Ce travail aurait permis d'identifier une partie des victimes.
C'est ce qu'a confié un membre du collectif des familles des victimes qui a précisé qui il croit savoir, à ce propos, que “La gendarmerie a été chargée d'informer, dans les deux jours, les proches des victimes qui ont pu être identifiées.
Par ailleurs, d'autres sources proches du dossier affirment que l'inhumation des corps des victimes “devra se faire peu avant ou peu après le jour de l'ide el-kabir (le 27 novembre, ndlr).
Le crash de la Yemenia avait fait 152 victimes et un seul survivant. Les opérations de recherches des corps avaient permis de récupérer plus de quatre-vingt corps dont vingt-cinq retrouvés au large des côtes tanzaniennes.


KS

Source : Al-watwan N° 1447 du 20 novembre 2009

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 07:11

Le pays où le ridicule ne tue pas

Le pays où le ridicule ne tue pas
Le pays où le ridicule ne tue pas

Il existe un proverbe populaire qui dit : "a beau mentir qui vient de loin", mais tout compte fait, à bien réfléchir la citation suivante conviendrait encore mieux pour accrocher le lecteur potentiel : "Les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent !" Montesquieu (De l'esprit des lois, 1748). Nul besoin de méditer sur cette phrase du philosophe français. Je n'ai pas l'ambition ni la compétence nécessaire de le faire. Lui-même s'en est chargé dans son ½uvre "Défense de l'esprit des lois" publiée en 1750.

Toutefois, il est important de rappeler que ce philosophe est un des penseurs de l'organisation politique et sociale sur laquelle les sociétés modernes s'appuient. Il a notamment travaillé sur la répartition des fonctions de l'état, postérieurement appelée "séparation des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire".

Par défaut, l'homme a pour passion naturelle la quête du pouvoir. Selon Montesquieu " il n'y a de danger que l'abus du pouvoir dont celui qui en dispose est naturellement porté. Il convient dès lors d'organiser les institutions pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir. Il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir".

Aux Comores, tous les pouvoirs qui défilent, organisent les institutions pour justement bien asseoir leur emprise. Depuis son accession à l'indépendance, notre pays assiste constamment et sans exception aucune, à des révisions et changements de notre constitution, pardon de nos constitutions, par le pouvoir en place. Sommes-nous par nature instables ? Parviendra-t-on un jour à avoir une réponse à mon questionnement ? Et sur quelle théorie se baserait-on pour expliquer ce besoin incessant ?

En ces temps actuels où on parle tellement des inquiétudes suscitées par les changements climatiques, et où les instances compétentes alertent les dirigeants de la planète, je serais tentée de chercher une explication sur la théorie des climats.

Je fais référence à l'ouvrage de Ibn Khaldoun, (1331-1406) historien maghrébin d'origine yéménite, dans la première section sur "La civilisation en général" des Muqaddima (ou Prolégomènes de l'histoire universelle) écrites en 1377; il consacre son troisième discours préliminaire entre autres à l'influence exercée par l'atmosphère sur le teint des hommes et sur leur état en général, en plus de dédier le quatrième à l'influence par l'air sur le caractère des êtres humains.

Dans la recherche des explications par le climat, Montesquieu professe une théorie controversée sur les climats, qui serait un facteur de comportement des peuples. Selon sa pensée, "le climat pourrait influencer substantiellement la nature de l'homme et sa société...". Il va jusqu'à affirmer que certains climats sont supérieurs à d'autres, le climat tempéré de la France étant idéal..." (Sic)

Dans sa logique, il croit qu'il y aurait même une différence de comportement entre le climat du nord de la France et celui du sud et il dit : "...Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même; des passions plus vives multiplient les crimes..." (Livre XIV, chap.11).

Dans notre pays il existe un phénomène inquiétant, qui consiste à nous prendre nous autres administrés pour des êtres dépourvus de tout jugement ou pire pour des personnes sans curiosité intelligente. La duperie dans laquelle on baigne la population comorienne a atteint un paroxysme qu'il m'est difficile de taire, et il m'est un devoir moral d'éveiller la conscience de mes compatriotes qui liront mon propos.

Au début de ce mois d'octobre, un formidable tapage bien médiatisé a été mené sur la découverte de gisements de richesses souterraines dans notre pays. L'étude aurait été menée par des équipes techniques venues de la République Islamique d'Iran. J'ai bien peur que cela nous conduise inexorablement à des espoirs et à des passions connus dans une histoire très récente. Et quand bien même cela s'avérait véridique et exploitable, je ne crois que c'est cela qui apporterait bonheur et prospérité aux Comores.

Dans notre continent, on connaît des pays qui regorgent de richesses en pierres précieuses et en pétrole. Est-ce pour autant que ces pays vivent dans l'opulence ou affichent un indice de développement humain enviable ! On connaît le Gabon, la République démocratique du Congo, le Nigeria et j'en passe...; dans notre sous-région Madagascar possède des minerais de pierres précieuses.

Montesquieu, sur sa prise de position relative aux richesses naturelles des pays d'Afrique, a fait un constat : "ils sont en abondance des métaux précieux qu'ils tiennent immédiatement des mains de la nature. Tous les peuples policés sont donc en état de négocier avec eux avec avantage; ils peuvent leur faire estimer beaucoup de choses de nulle valeur, et en recevoir un très grand prix". (Livre XXI, chap.II).

Je suis bien convaincue que tout doit reposer sur la bonne gouvernance prônée par nos partenaires internationaux, et plus particulièrement par le système des Nations-unies. En dépend notre crédibilité nationale.

La citoyenneté comorienne a été vendue ! Pour quelles raisons ? Soi-disant pour des raisons économiques ! En contrepartie, notre pays était censé collecter des dividendes qui seraient réinvestis dans les différentes infrastructures hôtelières, routières, aéroportuaires etc., etc. Qu'en est-il de toutes ces promesses et de ces beaux discours ? Des panneaux, des panneaux et des panneaux; et à force d'en voir on est tombé dans le panneau !

Pas d'investissements connus sur des structures non existantes dans notre pays, pour que cela constitue une valeur ajoutée au système économique comorien (production, innovation...). Mais au contraire ces prétendus investisseurs s'approprient des domaines déjà occupés par des opérateurs comoriens, suscitant ainsi un sentiment d'occupation et plus grave de rejet de l'étranger, sentiment qui contraste avec le caractère hospitalier bien connu des Comoriens.

Même la Société nationale des télécommunications n'est ni épargnée, ni même défendue par nos autorités. On laisse faire ! Pourquoi ces investisseurs ne s'intéresseraient-ils pas plutôt à la Ma-Mwe ? Notre société d'électricité qui devrait nous fournir de l'énergie, base de tout développement économique et du bien-être social, et cela sans interruption !

Parce que tout simplement tout le monde sait que ce n'est pas une structure qui rapporte de l'argent frais à court ou à moyen terme ! Que les moteurs trop vieux demandent à changer constamment des pièces ! Sans compter le coût du carburant à supporter, alors que les recouvrements ont du mal à se faire ! Et chacun également est d'accord pour dire cette société s'avère être un véritable gouffre et que la gérer relève du sacerdoce et d'une gymnastique psychologique !

La pose de la première pierre du village touristique a été saluée par des youyous et des cérémonies en grandes pompes par toute la population du nord de l'île de Ngazidja, il y a déjà plus de 18 mois. Cette partie de l'île, bien propice aux activités liées à l'industrie du tourisme, espérait ainsi redécouvrir les opportunités économiques similaires à celles qui étaient générées au temps de l'existence du Galawa. Pour l'histoire, un commerçant de la place me disait qu'à l'époque il écoulait sans difficulté 100 sacs de riz basmati de 50kgs par mois. Après la fermeture du complexe, c'est à peine s'il arrivait à en vendre 7 sacs, pour la même période.

Les travaux sur la corniche de Moroni devront en principe démarrer à la fin de l'année 2009, selon le porte-parole de la Comores gulf holding (CGH). Nous, citoyens spectateurs et non bien entendu acteurs, contemplons cette superbe marina trompe l'½il, et nous nous en rinçons l'½il à chaque fois qu'on y passe devant ! Telles sont les joies du peuple candide. Mon Dieu que c'est beau !


Mme Hissane Guy,

Citoyenne toujours sceptique

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 16:50