Moroni, mardi 10 novembre 2009 (HZK-Presse) – Installé en pleine crise sociale par les autorités nationales depuis le 25 juin dernier, le comité de direction provisoire composé de trois cadres dont un médecin, un pharmacien et un administrateur avait pour mission entre autres d'assurer la gestion de l'établissement et mettre en place les structures prévues par les Etats généraux de janvier 2008. Autant dire que le comité n'avait pas la tache facile, celle de mette en ½uvre les conclusions des états généraux d'El-Maarouf en s'inspirant des différentes orientations qui touchent tous les domaines, sur le plan administratif, financier et technique pour une période de trois mois.
Force est de rappeler qu'aussitôt installé, le comité de direction a réussi à obtenir un compromis avec les grévistes ont fini par reprendre le travail. Malheureusement, au même moment survient le crash de l'A310 et le centre hospitalier national fut transformé en un centre d'évacuation.
A en croire Dr Jean Youssouf l'administrateur principal de cet établissement public, le comité de direction a presque terminé sa mission qui lui a été dévolue. Curieusement, les autorités traînent encore le pas au risque de compromettre les acquis obtenus. Pour éclairer ses lecteurs, La Gazette des Comores a visité les lieux pour un tour d'horizon avec ce professionnel du secteur qui ne cache pas ses inquiétudes.
Il dit avoir hérité d'un dossier brûlant relatif à un contrat de prêt de l'ordre de 25 millions de francs contracté auprès de la SNPSF par la direction sortante, appuyée par le ministère de tutelle. L'établissement est ainsi contraint de rembourser sur fonds propres cette créance sur une période de 25 semaines à raison de 1 million fc par échéance hebdomadaire.
Ce montant avait servi à régler le cumul des arriérés d'un mois de salaire et de primes de garde pour l'ensemble du personnel. Cette situation a renforcé malheureusement la crise à l'intérieur même d'un établissement qui s'autogère à l'instar des centres communautaires. Or « l'Etat ne doit pas ignorer que le CHN El-Maarouf attend son appui budgétaire pour fonctionner » martèle l'administrateur.
C'est dans ce contexte difficile que le comité de direction s'est rendu à l'évidence de cette triste réalité d'un établissement public qui cumule autant d'arriérés de salaires et primes pour son personnel, et qui doit aussi honorer une dette de 420 millions fc auprès de ses fournisseurs internes et externes.
Face à cette situation, force est de constater que 60% de son personnel est constitué de contractuels, dont la masse salariale atteint les 10 millions fc par mois, entièrement financée sur fonds propres. « Un chiffre revu à la baisse après toilettage, pour un personnel qui coûtait auparavant 12 millions fc », assure l'administrateur.
Sachant aussi qu'une autre catégorie d'agents qui en principe devait être à la charge de l'Etat, (dont des spécialistes et des cadres administratifs) est payée malheureusement sur le budget de l'Etablissement ce qui porte les charges à 52 millions de francs en termes de coût annuel. D'où des charges additionnelles de l'ordre de 155 millions par an pour le personnel.
Selon Jean Youssouf, chaque mois le CHN dépense environ 39 millions fc pour des recettes variant en moyenne entre 35 à 37 millions de francs, soit un déficit de trésorerie de 2 millions chaque mois. Mais c'est à ce prix que le principal hôpital de référence du pays arrive aujourd'hui à tenir la tête hors de l'eau, alors qu'il « attend des pouvoirs publics une subvention de fonctionnement qui n'est décaissée qu'au compte gouttes », déplore le président du Comité de direction, qui espère que l'Etat se ressaisira enfin, dans l'intérêt des malades et du personnel soignant.
En dépit des efforts consentis la cote d'alerte serait atteinte, selon le comité de direction qui a déjà remis son rapport d'évaluation au gouvernement trois mois après son installation en juin dernier. En tous cas tout porterait à croire qu'il a réussi au moins dans sa politique de sécurisation des recouvrements et de transparence dans la gestion !
A.Nabahane
101109/an/hzkpresse/12h00



