Yemenia réplique à la France à propos du crash de l'A 310

une semaine après l'accident du vol Yemenia IY 626 entre Sanaa et Moroni, aux Comores, le 30 juin, le ton monte au Yémen contre la France.

Après la tragédie, les déclarations de responsables français avaient en effet accrédité l'idée d'une négligence de la compagnie nationale Yemenia et l'utilisation d'un "avion poubelle". Tour à tour, les ministres français des transports et des affaires étrangères, Dominique Bussereau et Bernard Kouchner, avaient laissé entendre que l'Airbus accidenté était interdit de vol en France depuis un contrôle pratiqué en 2007.


Selon eux, l'avion était suffisamment dangereux pour ne pas se poser sur le territoire national, mais pas assez pour rejoindre Moroni au départ de Sanaa. Ces déclarations erronées ont dessiné une politique commerciale de Yemenia difficilement tolérable pour la communauté comorienne touchée par la catastrophe. Et les vifs démentis apportés par l'aviation civile yéménite ont eu du mal à convaincre.

"Les faits et uniquement les faits", martèle depuis huit jours Khaled Al-Wazir, le ministre des transports, qui, officiellement, refuse de polémiquer avec son homologue français. Mais ils sont nombreux en coulisse, au sein de la compagnie aérienne, à critiquer les déclarations françaises jugées "sans fondement".

Le 7 juillet, le président du conseil d'administration de Yemenia est passé outre les précautions diplomatiques. "Si les pressions continuent sur Yemenia sans qu'on attende les résultats de l'enquête sur le crash, nous serions dans l'obligation de réexaminer notre commande de dix Airbus A350", a averti M. Abdul Khaleq Al-Kadi, qui attend du constructeur européen "un soutien médiatique et moral". Yemenia avait confirmé en novembre 2007 cette option d'achat, pour un montant estimé à 2 milliards de dollars (1,4 milliard d'euros).

Le 8 juillet, des dizaines d'employés de la compagnie ont convergé vers le siège de l'ambassade de France à Sanaa pour dénoncer la circulation "d'informations erronées, qui renforcent l'ambiguïté et le doute" sur l'accident.


COMMUNICATION DE CRISE

Depuis les premières heures du mardi 30 juin, Yemenia a tenté de lutter contre les accusations de "compagnie au rabais". Au centre de sa communication, Yemenia explique que le changement d'avion au départ de Sanaa pour Moroni n'avait été motivé que par des raisons commerciales, et que l'aspect peu reluisant de la cabine intérieure de l'Airbus A310 n'était pas synonyme d'une maintenance technique approximative.

Peu après l'annonce de l'accident, la salle de conférences de l'aéroport de Sanaa a été transformée en centre de presse. Les représentants de l'aviation civile, du ministère des transports et de la compagnie y ont fait front commun. Le directeur de la maintenance, M. Hassan Al-Huthi, a retracé avec précision l'historique technique de l'avion accidenté, "en parfait état de fonctionnement, exempt de la moindre anomalie, contrôlé le 2 mai sous la supervision d'un ingénieur d'Airbus", avant de conclure que "la flotte répond bien aux normes internationales".

Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a dépêché ses ministres au front. Celui des transports à Paris et Bruxelles, celui du tourisme à Moroni. Mais le langage politique et les navettes diplomatiques ont bien du mal à faire oublier le qualificatif d'"avion poubelle".

La compagnie Yemenia, qui a découvert la communication de crise à la suite de la catastrophe des Comores, rappelle qu'il s'agit de sa première tragédie aérienne depuis sa restructuration, en 1978.




François-Xavier Trégan

LE MONDE | 10.07.09 | 14h22
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# Posté le vendredi 10 juillet 2009 12:20

Tribune libre: Le Boycott de Yemenia est un devoir civique.

Tribune libre: Le Boycott de Yemenia est un devoir civique.
       
Au moment où les Comores traversent une des crises économiques les plus difficiles de son histoire, voilà que le sort s'acharne encore sur ce pays de quelques 700.000 âmes. Dans la dignité et le recueillement, le pays pleure ses morts en attendant que toute la lumière soit faite sur cette scandaleuse tragédie. Nous refusons obstinément de nous ranger du côté de ceux qui s'évertuent à nous faire croire que tout était «écrit» ou qu'il faut attendre d'enterrer nos morts avant de nous poser la moindre question. Pour nous, la résignation et le silence seraient bien au contraire, une insulte à la mémoire de ceux qui sont encore au fond de l'océan et à qui, nous devons la stricte vérité sur le drame qui les a happés.

Contrairement à ce que l'on cherche à nous faire croire, nous sommes persuadés que le deuil ne doit empêcher ni la réflexion ni la quête de vérité. A ceux qui crient aux loups et à la récupération politique parce qu'ils ont des choses à se reprocher, nous leur affirmons de façon solennelle que nous n'appartenons à aucun parti et que nous n'avons aucune ambition dissimulée. Nous exigeons juste des réponses à nos interrogations. Le gouvernement de SAMBI qui promet de jouer la transparence est-il capable de rendre public le contrat qui nous lie à la compagnie aérienne Yéménia ? J'en doute fort. A ce sujet, une question m'a toujours obsédé. Pourquoi selon vous, alors que le prix du baril de pétrole est passé de 150 à 60 dollars, le coût du billet Paris/Moroni n'a jamais baissé d'un centime ? Croyez-vous que les dirigeants comoriens et leurs familles paient au même titre que vous et moi leurs billets lorsqu'elles empruntent les appareils de Yéménia ? Cela est moins sûr. En vertu de quelle loi une compagnie étrangère s'arroge t-elle le droit d'imposer à une nation souveraine une forme de monopole et d'exiger qu'elle soit obligatoirement consultée si un autre transporteur souhaite s'installer chez nous ? Y a t-il eu des contreparties financières ou des avantages d'autre nature concédées pour obtenir de telles largesses ? Tout porte à croire que oui. Quand vous aurez trouvé la vraie réponse à ce genre de questions vous comprendrez mieux pourquoi nous en sommes là aujourd'hui. Malheureusement, nous vous rappelons que ces pratiques ne sont pas l'apanage du pouvoir SAMBI. Avant lui, Azali et tous les présidents qui l'ont précédé ont aussi plongé dans la magouille et la corruption.

Mes chers compatriotes, le chemin vers la vérité à laquelle nous aspirons tous, est malheureusement semé d'embûches. Comme nous vous l'avons annoncé dans une première tribune, cette affaire dépasse largement le microcosme comorien tellement les enjeux financiers sont colossaux. L'appareil A310 appartient bien à la compagnie Yéménia, mais il est sorti des usines du groupe européen EADS. Une enquête défavorable risque inéluctablement d'éclabousser du beau monde. Suite aux déclarations du secrétaire d'état français aux transports qui a dénoncé le manque de fiabilité de l'avion disparu, la compagnie Yéménia menace, en guise de représailles, de renoncer à l'achat de 10 appareils A350. Le prix unitaire de ces appareils étant fixé à 250 millions de dollars, vous comprendrez bien pourquoi ces derniers jours, la position française s'est étrangement assouplie. Cet horrible et honteux chantage exercé par les autorités yéménites n'augure rien de bon. Rappelez-vous que les recherches sont pilotées par des éléments de l'armée française et que les techniciens, du « bureau enquêtes et accidents» dépêchés sur le terrain, viennent de Paris. Pour soigner sa balance commerciale dans cette période de crise économique mondiale, la France serait-elle capable de sacrifier la vérité pour remporter un marché de 2,5 milliards de dollar

s ? Je me refuse de sombrer dans la paranoïa mais je m'interroge. Comme disait de Gaulle «Une nation n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts». Rappelez-vous de l'affaire BACAR ! SAMBI et son gouvernement nous avaient promis de tout mettre en œuvre pour obtenir son extradition. Résultat des courses, l'ex-dictateur coule aujourd'hui des jours paisibles dans une villa avec chauffeur au BENIN tous frais payés par la France. Avons-nous encore le droit de faire confiance à un Président qui ne tient jamais parole et à une puissance étrangère (la France) qui a été à l'origine de la déstabilisation de notre pays pendant des décennies ? La réponse est non.

Du côté comorien, les choses ne sont pas aussi simples. Les autorités qui ont signé les contrats avec la compagnie Yéménia et sur lesquelles pèsent de lourds soupçons de corruption ou de complaisance coupable, sont les mêmes qui diligentent l'enquête. Comme on dit en droit, on ne peut pas être juge et partie. Connaissant la dépendance totale des juges comoriens au pouvoir exécutif, je ne me fais aucune illusion sur les conclusions de l'enquête. Je vous fais le pari que l'hypothèse évoquée dès le premier jour par le PDG de Yéménia sera retenue. Celle d'un vent de seulement 40 à 60 km qui a fait valser un avion de 157 tonnes. Dans ce cas, les intérêts de nos amis arabes (propriétaires) et de la France (constructeur) seront saufs. Enfin, Sambi, son vice-président chargé des transports et tous ceux qui ont eu à connaître le dossier seront naturellement exonérés de toute responsabilité. Circulez, rien à voir, nous sommes au royaume de l'impunité ! Voilà ce qui arrive quand un seul homme concentre tous les pouvoirs. Dans les circonstances actuelles, une enquête parlementaire indépendance et transparente eût été d'une grande utilité. Vous comprenez donc pourquoi le Roi SAMBI n'est pas du tout pressé pour organiser les élections des députés.

Malgré toutes ces contingences et pour une fois, les passagers comoriens qui ont toujours été méprisés, détiennent une arme redoutable. Nous appelons donc nos compatriotes à boycotter jusqu'à nouvel ordre la compagnie Yéménia. En outre, il doivent demeurer vigilants et ne pas accorder une confiance aveugle à des autorités qui ne les ont jamais écoutés mais qui, au contraire, ont toujours privilégié leurs petits intérêts au détriment de la sécurité de leurs concitoyens.


PARIS LE 07/07/2009/ KASSIM BACAR
# Posté le vendredi 10 juillet 2009 07:42
Modifié le vendredi 10 juillet 2009 12:14

De la fausse découverte de Djomani et la longue attente de Mafia

De la fausse découverte de Djomani et la longue attente de Mafia


Des restes difficilement identifiables auraient été découverts près du village de Djomani dans la région de Mbude (Nord-ouest de la Grande-comore). Djomani étant le village où, justement, des témoins avaient observé le crash aérien et où avaient été conduites les premières recherches de l'épave de l'avion, les restes seront par précaution immédiatement acheminés à la morgue de Moroni pour conservation et identification. L'information allait être vite démentie.
Mais, même si la découverte était confirmée, elle ne valait pas un communiqué, mais devrait peut être gérée dans la plus grande discrétion, puisque l'information, en elle-même, a produit l'inverse de l'effet recherché, entraînant un mouvement de panique et bouleversant encore plus les familles des victimes.
Une dépêche de l'Afp, citant une source du Cosep, avait crée la confusion, entre les restes du marsouin découvert et les corps de l'Airbus A310. Le Cosep, qui avait précipitamment publié un communiqué, confirmant la découverte devait l'infirmer quelques minutes plus tard.
Le colonel, Ismeel Moegni Daho, précise par ailleurs que pour l'instant, “la délégation comorienne conduite par Idi Nadhoim et accompagné du ministre des Relations extérieures, Ahmed Jaffar, s'est rendue ce matin sur l'île de Mafia où se trouvent les corps repêchés dans la zone”.
Selon toute vraisemblance, l'attente plus longue sera plus longue que prévue.
La frégate française Floreal fait route vers l'île tanzanienne de Mafia, après la découverte dans cette zone de corps qui pourraient être ceux de victimes du crash de l'Airbus de Yemenia.
Concernant la recherche des boîtes noires, des experts du Centre de plongée et d'intervention sous la mer de la Marine nationale française sont arrivés aux Comores et poursuivent leurs "travail de localisation de plus en plus précis".
Al-watwan N° 1356 du 10 juillet 2009
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# Posté le vendredi 10 juillet 2009 08:37

Bahia Bakari opérée du visage

09 juillet 2009


La seule rescapée du vol de Yemenia Airways Sanaa-Moroni du 30 juin dernier, Bahia Bakari, 12 ans, a été opérée du visage, jeudi, à l'hôpital Trousseau, à Paris, où elle est hospitalisée depuis le 2 juillet. L'Assistance Publique a indiqué qu'il avait été procédé à une opération de "chirurgie réparatrice maxillo-faciale et cutanée". Son état est "satisfaisant", selon AP.

AP a précisé que Bahia avait "regagné sa chambre en fin d'après midi et se repose", précise le communiqué. un nouveau bulletin de santé sera publié les prochains jours.
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# Posté le vendredi 10 juillet 2009 08:31

Crash Yemenia : 9 nouveaux corps de possibles victimes découverts en Tanzanie

Crash Yemenia : 9 nouveaux corps de possibles victimes découverts en Tanzanie




DAR ES-SALAAM (AFP) — Neuf corps, qui pourraient être ceux de victimes du crash de l'Airbus de Yemenia aux Comores, ont été découverts près de l'île de Mafia (Tanzanie), portant à 22 le nombre de cadavres recensés, a-t-on appris jeudi de source officielle.

"Neuf nouveaux corps ont été découverts entre hier (mercredi) et aujourd'hui (jeudi)", a déclaré à l'AFP par téléphone le responsable administratif de l'île de Mafia, Manzie Mangonchie.

Treize corps avaient déjà été découverts depuis mardi aux abords de cette île située au sud-est de Dar es-Salaam et à environ 500 km de l'archipel des Comores.

M. Mangonchie a précisé que les opérations de recherche s'étaient intensifiées jeudi, impliquant des bateaux, des avions et des hélicoptères.

La frégate française Floreal faisait route jeudi vers Mafia.

Parmi ces 22 corps, 14 ont été transportés de Mafia à Dar es-Salaam pour subir des tests d'identification dans différents hôpitaux, a précisé à la presse le ministre tanzanien des Affaires étrangères Bernard Membe à l'aéroport de la capitale économique tanzanienne

"Les corps vont être examinés par des experts originaires des Comores, de la France et de Tanzanie", a ajouté le ministre, en compagnie du vice-président comorien, Idi Nadhoim.

Jusqu'à présent, la police tanzanienne n'a pas pu déterminer si ces corps pouvaient être ceux des victimes du crash du vol Yemenia.

Des restes de corps de victimes présumées de l'accident ont par ailleurs été découverts jeudi par des pêcheurs aux abords de la localité de Djomani, au nord de la Grande-Comore, l'une des trois îles de cet archipel de l'océan Indien.

L'Airbus de la compagnie Yemenia effectuant la liaison Sanaa-Moroni s'est abîmé en mer le 30 juin peu avant son atterrissage avec 153 personnes à bord. Seule une adolescente de 12 ans a survécu
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# Posté le jeudi 09 juillet 2009 15:03

Nouveaux corps et pièces d'avion découverts près de la Tanzanie

Nouveaux corps et pièces d'avion découverts près de la Tanzanie


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MAFIA, Tanzanie - Des plongeurs de la marine française ont découvert des fragments d'avion et cinq corps en décomposition jeudi au large de la Tanzanie, à des centaines de kilomètres du lieu où un Airbus de la compagnie Yemenia a disparu le 30 juin, rapportent des responsables.

Sur l'île de Mafia, transport d'un corps repêché au large de la Tanzanie et qui pourrait être celui d'un passager Airbus de la compagnie Yemenia qui s'est abîmé le 30 juin au large des comores. Des plongeurs de la marine française ont découvert des fragments d'avion et cinq corps en décomposition jeudi au large de la Tanzanie. (Reuters/George Obulutsa)
L'A310 de Yemenia s'est abîmé au large des Comores avec 153 personnes à bord pour une raison non élucidée. Une adolescente franco-comorienne, secourue après être restée douze heures accrochée à des débris, est la seule rescapée de l'accident.

Les opérations visant à retrouver d'autres survivants ont été abandonnées cette semaine.

"Jusqu'ici, nous avons retiré treize corps de l'océan. Nous pensons en récupérer seize au total d'ici à la fin de la journée", a dit Peter Kivuyo, commissaire adjoint de la police tanzanienne. Huit corps ont été recueillis durant la semaine.

Un journaliste de Reuters a vu un hélicoptère français déposer plusieurs sacs mortuaires sur l'île de Mafia, située à 500 km environ du lieu de l'accident.

Le ministère yéménite des Transports a annoncé que trois autres cadavres avaient été découverts au large des Comores, mais les autorités de l'archipel ont dit n'avoir récupéré aucun nouveau corps.

Les équipes de secours comoriennes jugent probable que la plupart des morts soient restés bloqués dans l'épave de l'avion.

La cause de la catastrophe reste inconnue. Un sous-marin français a détecté un signal des "boîtes noires" de l'appareil, mais les secouristes estiment qu'il faudra encore du temps pour atteindre la carcasse de l'Airbus, qui gît en eaux profondes.

Peter Kivuyo a fait savoir que les autorités tanzaniennes avaient remis les débris de l'avion à des experts pour qu'ils vérifient qu'ils proviennent de l'avion yéménite. On ne sait pas encore précisément quels fragments ont été découverts.

Les Airbus sont construits dans quatre pays européens. Les A310, dont la production a cessé, étaient montés à Toulouse (France). La queue, le fuselage arrière et avant et les freins de l'appareil étaient fabriqués en Allemagne.


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# Posté le jeudi 09 juillet 2009 14:57
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 15:24

Crash Yemenia: des restes de corps retrouvés au nord de Grande Comore

Crash Yemenia: des restes de corps retrouvés au nord de Grande Comore


MORONI (AFP) — Des restes de corps de victimes présumées du crash aux Comores de l'Airbus de Yemenia le 30 juin ont été découverts jeudi par des pécheurs aux abords de la localité de Djomani, au nord de la Grande Comore, a-t-on appris de source officielle.
"Nous avons eu l'information vers 09H30 (06H30 GMT). Une équipe a été aussitôt dépêchée sur place pour ramener ces morceaux de corps dans une morgue improvisée à Moroni", a déclaré Said Ahmed Said Tourqui, chargé de communication au ministère des Relations extérieures et membre de la cellule de crise mise en place après l?accident.
Le Croissant rouge des Comores s?apprêtait à envoyer une équipe sur place pour récupérer ces "morceaux de corps", a confirmé Ramulati Ben Ali, chargée de la communication du Croissant rouge comorien.
"Nous avons en effet été alertés de la découverte de morceaux de corps vers Djomani. Nous sommes en train d?envoyer une équipe dans la zone pour les récupérer et les acheminer au Cosep" (Centre des opérations de secours et de protection civile), a expliqué Ramulati Ben Ali.
"Des chambre froides ont été mises en place au Cosep pour servir de morgue", a-t-elle précisé.
Par ailleurs, une délégation de 21 membres conduite par Idi Nadhoim, vice-président de l?Union des Comores et le ministre des Relations extérieures Ahmed Ben Said Jaffar, arrivée en Tanzanie mercredi soir, devait se rendre sur l'île de Mafia jeudi matin, a-t-on appris de source officielle.
Treize corps ont été découverts depuis lundi aux abords de cette île tanzanienne située au sud-est de Dar es-Salaam et devaient être examinés par une équipe d'experts internationaux pour déterminer s'ils sont ceux de victimes du crash.
"Le gouvernement comorien a demandé à la compagnie Yemenia de mettre à sa disposition un avion pour rapatrier les corps repêchés en Tanzanie" a rapporté Ali Abdou, enquêteur principal comorien.
L'Airbus de la Yemenia effectuant la liaison Sanaa-Moroni s'est abîmé en mer le 30 juin peu avant son atterrissage à l'aéroport de Moroni, avec 153 personnes à bord. Seule une adolescente de 12 ans a survécu
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# Posté le jeudi 09 juillet 2009 13:20
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 15:14

Yemenia: recherches étendues vers les côtes tanzaniennes

Yemenia: recherches étendues vers les côtes tanzaniennes


Treize corps, un siège d'avion et une pièce métallique portant l'inscription "Airbus" ont été rejetés vers les côtes de la Tanzanie, ont rapporté mercredi des responsables, alors que deux enquêteurs français sont arrivés sur place afin de participer à l'identification des cadavres et de déterminer si les débris sont liés à l'accident de l'Airbus A310 de la Yemenia Airways qui s'est abîmé en mer le 30 juin avec 153 personnes à bord.
Le périmètre des recherches entamées pour retrouver des débris de l'appareil a été élargi depuis le drame. Des équipes du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français et la marine française continuent de rechercher les boîtes noires de l'appareil au large des Comores. Mais les courants pourraient avoir emporté les corps des victimes et des débris de l'appareil à près de 800 kilomètres le long des côtes africaines vers Mafia, île de Tanzanie.
Deux enquêteurs français se sont rendus sur place mais les recherches dans cette zone étaient gênées mercredi par le mauvais temps, selon Manzie Mangochie, un responsable des autorités sur l'île.
Il a précisé que trois femmes figuraient parmi les 13 personnes dont les corps avaient été rejetés vers le rivage, et que ces personnes semblaient d'origine africaine et européenne.
Les corps, qui ont été transportés dans un hôpital, ont été retrouvés près d'un siège de passager et ce qui semblait être un morceau d'aile avec l'inscription "Airbus 310" comptaient au nombre des débris retrouvés sur Mafia, selon Mohammed Mhina, porte-parole de la police tanzanienne. Il a déclaré que deux hélicoptères et deux bateaux tanzaniens participaient aux opérations aux côtés de pêcheurs de la région.
La mission se poursuivait aux Comores en dépit d'une mer très formée, selon un responsable comorien Ali Abou Abasse.
L'Airbus A310 de la Yemenia qui assurait la liaison Sanaa-Moroni s'est abîmé dans l'océan Indien alors qu'il approchait des Comores. Sur les 153 personnes à bord, dont 66 Français, seule une adolescente de 12 ans a survécu.


AP | 08.07.2009 | 19:06
# Posté le mercredi 08 juillet 2009 14:49

La diaspora frappée de plein fouet

 La diaspora frappée de plein fouet


Le crash de l'A310 de Yemenia, qui a si durement frappé la diaspora comorienne, a suscité un sentiment d'injustice dans le coeur des comoriens restés au pays.


Dans certains villages, c'est plus de la moitié de la population qui s'est expatriée.
Crédit photo : E.T./Malango

En avril 2008, nous avions publié les résultats d'une étude de la BAD (Banque africaine de développement) à propos des flux financiers liés à différentes diasporas, dont la diaspora comorienne. Il ressortait de cette étude qu'ils pèsent, pour les Comores, « 24% du produit intérieur brut (PIB) du pays et 346 % de l'aide publique au développement dont il bénéficie ».

D'après cette étude, en 2005, ce sont 70 millions d'euros qui sont arrivés dans l'économie comorienne en provenance de sa diaspora.

C'est dire l'importance économique pour le pays de ces compatriotes exilés à travers le monde. Ce rapport précise en outre que « six à dix fois par an », un comorien exilé envoie les « 103 euros qu'il a mis de côté chaque mois » en moyenne.

Les comoriens restés au pays en sont très conscients. « Ce sont eux qui financent les routes du village, ou l'école... », confie un chauffeur de taxi. Pour Paul, responsable de l'immigration au port de Moroni, « c'est la diaspora qui amène l'argent aux Comores ». Tous laissent entendre qu'avec cet accident, les membres de la diaspora sont bien mal récompensés des efforts qu'ils font pour leur pays.

Aux Comores, celui qui possède se doit de partager avec sa famille, ses proches, son village. Quand les « je-viens » rentrent aux Comores pendant les vacances scolaires de l'été français, ils sont un peu accueillis comme les « tontons d'Amérique » qui reviennent les poches cousues d'or. Au retour, ils seront souvent fauchés, ayant distribué jusqu'aux beaux vêtements qu'ils portaient à leur arrivée.

La diaspora participe également à l'économie de l'archipel par de petits investissements. Un expatrié mettra, par exemple, une voiture dans un conteneur à Marseille ou Dubaï. Utilisée par un frère, un cousin qui « fera le taxi », elle permettra de faire vivre une famille.

En juillet et août, c'est la saison des grands mariages. L'occasion pour les exilés de rentrer au pays pour cette fête unique, les valises emplies de cadeaux pour les futurs mariés, mais également d'argent liquide, souvent plusieurs milliers d'euros.

Le crash du 29 juin n'est donc pas seulement une tragédie humaine, c'est également une perte économique non négligeable pour des familles qui vivent dans l'attente de cette manne en provenance d'Europe ou des pays arabes toute l'année.

E.T


# Posté le mercredi 08 juillet 2009 12:41