Hier, le pare-brise du véhicule de Monsieur l'ambassadeur de France aux Comores, a volé en éclats. Certe, cet acte est repréhensible car, rien ne doit jusfier la violence surtout, lorsqu'elle a pour but, d'atteindre à l'intégrité physique de la personne. Pour autant, il convient de rappeler que tous ceux qui connaissent les Comores, savent que les habitants de ce petit archipel sont des gens pacifiques et que leur hospitalité légendaire ne leur a jamais fait défaut. On peut donc le dire sans aucun risque de se tromper que le contexte général actuel est pour beaucoup dans ce geste. Toutefois, il faut en convenir, la personnalité même de M. JOB lequel, se conduit en proconsul, en donneur de leçons, a fait le reste.
Pour mieux cerner le personnage, je vous propose quelques unes de ses phrases cultes :
«Le calendrier de la communauté internationale n'est pas calqué sur l'impatience des comoriens» C'était pour nous signifier qu'il n' y avait aucune urgence à libérer Anjouan et que BACAR pouvait tranquillement poursuivre ses basses besognes.
S'immiscant de manière flagrante dans une affaire judiciaire (BIC/NICOM), M.JOB s'exprimait ainsi :
« C'est ma ferme protestation pour la manière pas catholique de la conduite de l'enquête judiciaire». Avant de finir dans un odieux chantage :«Cette affaire aura valeur de test». Cela voulait dire clairement que les juges devaient lui obeir sinon, Monsieur l'ambassadeur allait sévir.
Comme pour nous rappeler notre statut de colonie, de république bananière, Son excellence affirmait : «Est-ce qu'une nation qui n'est pas capable d'assumer chaque année son programme éléctoral est totalement indépendante ? »
Naturellement, cette liste des écarts de langage et de comportements de la part de M. JOB qui se croit en pays conquis, n'est pas exhaustive. Avant la fin de son séjour, a t-il seulement récolté ce qu'il a semé ?
De plus, les multiples questions que les comoriens se posent sur la chute d'un hélicoptère français à Anjouan, sur la découverte de caisses de munitions estampillées «Ambassade de France à Moroni», sur l'exfiltration de BACAR et enfin, sur le sentiment que la France cherche insidieusement à le protéger ont généré un climat délétère et de haute tension.
Dorénavant, les autorités françaises doivent se résoudre à l'idée qu'elles ne peuvent éternellement se réfugier dans le mensonge. Trop c'est trop ! Le monde a changé et les citoyens comoriens ont, désormais droit à la vértité. Tant que celle-ci ne leur sera pas donnée, il n'est malheureusement pas exclu que l'on s'achemine tôt ou tard, vers une escalade aux conséquences imprévisibles et probablement plus graves.
Les comoriens en ont assez d'être pris pour des gens immatures. Aussi, afin d'éviter les dérapages qui n'honoreraient personne, notre gouvernement doit lui aussi, assumer toutes ses responsabilités. Il a le devoir de tout mettre en oeuvre pour que la lumière soit faite sur toutes les affaires en cours. Le retour a une situation apaisée et sereine nous semble à ce prix. Le président SAMBI a raison d'affirmer que l'affaire BACAR ne doit pas être une cause de discordre avec la France mais cela est trop facile. Il appartient donc à ce pays de nous prouver par les actes qu'il est enfin disposé à rétablir une autre forme de relations, cette fois-ci, respectueuses de notre indépendance et de notre dignité.
En attendant cette ère nouvelle à laquelle nous aspirons tous après 30 années de néocolonialiste et de coups tordus, nous demandons à ce que soit maitenue jusqu'à nouvel ordre, l'interdiction de rapatrier nos compatriotes, «clandestins» résidant sur l'île comorienne de Mayotte.
LE 14/04/2008/AHMED