A l'ouverture du dialogue inter comorien
Excellences, Messieurs
Notre pays vit des instants d'une extrême gravité. Le mandat du Chef de l'Etat arrive à terme le 26 mai 2010 et jusqu'à ce jour aucune disposition consensuelle ne permet de présager de la gouvernance à venir. Ce dialogue était sensé nous montrer le chemin. Malheureusement, de difficultés en difficultés, on tente de l'initier aujourd'hui en l'absence d'une délégation de l'île autonome de Mwali à qui échoit constitutionnellement la Présidence tournante. Je le regrette profondément parce que toute décision qui pourrait être prise dans ce dialogue ne pourra lui être opposable. Il convient alors de douter de l'opportunité de cette rencontre. Mais, au-delà de ces bégaiements, on peut s'interroger sur les raisons qui freinent le dialogue entre les différentes parties concernées pour confronter nos opinions et y compris s'il le faut, nous mettre d'accord sur nos désaccords.
Un constat est clair. Des embûches sont volontairement et artificiellement créées. Un climat d'insécurité est entretenu. La sérénité et la confiance que l'on devrait constamment préserver ne sont pas une préoccupation majeure. L'escalade verbale et les provocations de toute sorte sont quotidiennes et au c½ur de chaque action. On continue comme avant, comme si les échecs et les erreurs n'avaient aucun impact et comme si l'on oubliait que l'on était en fin de mandat du Chef de l'Etat et que la communauté internationale nous assistait pour préserver un minimum de normalité institutionnelle et juridique de l'Etat. Alors, on se demande ce qui est véritablement recherché ? Comment comprendre le durcissement des mesures arbitraires déjà prise par l'Union contre l'île de Ngazidja ? Que signifie le vol par effraction du matériel informatique de mon administration de la fonction publique et des finances par des policiers sur ordre du pouvoir de l'Union ?
Quelles sont ces arrestations et ces interrogatoires opérées par les services de l'Union qui veulent faire avouer que l'exécutif de l'île de Ngazidja fomenterait des troubles ou les initierait ? Pourquoi des autorités de l'Union ont créé et entretenue des milices qui agissent avec beaucoup de violences, en toute liberté, contre ceux qui sont accusés de ne pas partager les opinions du Gouvernent de l'Union ?
Que sont ces attaques affirmées et revendiquées par des nervis du Gouvernement de l'Union contre l'intégrité physique de journalistes et la casse de matériels d'organe privé d'information ? Pourquoi le Gouvernement de l'Union a-t-il initié par des militaires étrangers la police dite nationale à une formation commando et pourquoi l'a-t-on équipé d'armes de guerre ? Etait –il nécessaire à un moment aussi difficile pour l'entente nationale de faire venir des troupes étrangères au statut gardé secret et aux attributions officiellement inconnues ? L'île autonome de Mwali n'avait-il pas le droit d'organiser des meetings surtout à la veille d'échéances qui engagent le pays, et surtout quand ces meetings s'organisent librement sur les autres îles?
Peut –on expliquer les raisons de l'interdiction par décision du Ministre de l'intérieur de l'Union de la réunion publique de Mwali qui devait informer de la mission de la délégation de l'île au dialogue et de la nécessité d'y participer, alors que les responsables politiques de l'île en avait fait une condition essentielle ? D'ailleurs, pourquoi cette interdiction s'étale jusqu'au 25 juin 2010 entrant ainsi dans la série des mesures d'exception interdites au gouvernement de l'Union après ce 26 mai.Toujours est-il que le constat est là. Mwali n'est pas avec nous ici aujourd'hui, parce qu'on a tout fait pour qu'elle ne soit pas là. Vous ne doutez pas, messieurs les ambassadeurs, représentant la communauté internationale, de ma disponibilité entière et totale à aider à la réussite du dialogue pour l'intérêt supérieur de ce pays.
J'ai pris la responsabilité et vous le savez parce que je vous ai informé, de me rendre à Mwali le jeudi dernier pour convenir avec nos frères de la pertinence de ce dialogue et de la nécessité d'aboutir à des résultats qui sortiraient le pays de l'ornière. Hier, lorsque je quittais Mwali, la participation de l'île au dialogue était acquise, mais assortie de deux conditions, à savoir la sécurité des délégués mohéliens à Moroni et la tenue du meeting d'information destinée à communier avec la population et partager les mêmes préoccupations et les mêmes espoirs. Il a fallu mon retour à Moroni pour apprendre que les autorités de l'Union ont décidé d'interdire le meeting endossant ainsi la responsabilité du retrait de Mwali du dialogue.
Je le regrette profondément. Je croyais que la réussite de ce dialogue relevait de la responsabilité de chacun et pesait sur la conscience de chaque autorité. Je constate malheureusement que du côté de l'Union certains privilégient des orientations et des priorités qui ne sont pas celles de la stabilité et de l'Unité du pays. L'absence de Mwali aujourd'hui handicape la poursuite des travaux. Il faut en tirer les conséquences et se fixer d'autres échéances.
Evidemment, le dialogue reste la seule et unique voie qui sauvera ce pays, la seule et unique issue qui nous est offerte pour préserver la cohésion nationale et la paix. J'y crois et je m'y investis totalement et entièrement.
J'appelle à la sagesse, à la raison et au sursaut des autorités de l'Union pour comprendre la dimension de la gravité de la situation et de l'urgence à cesser les postures. J'appelle à la patience et à la persévérance de la communauté internationale pour que ses efforts ne soient pas vains. J'appelle enfin le peuple comorien à plus de retenue et de responsabilité pour préserver cette paix légendaire qui nous caractérise.
Je vous remercie.
Moroni, le 22 mai 2010










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Rocheto, Posté le lundi 24 mai 2010 04:14
De toute façon meme si Mnachema avait l'intetion de fair quelque chose il ne pouvait pas le faire car le Mbaba wa djouba l'assfixier, lui il boufe les mpessa.