ASSOCIATION FRANCAISE DES AMIS DES COMORES
AFAC
COMMUNIQUÉ
SUITE A L'ELECTION PRESIDENTIELLE A ANJOUAN
Dans sa session extraordinaire du 2 juillet 2008, l'Association Française des Amis des Amis Comores a procédé à l'analyse de la situation politique aux Comores, notamment, les conditions d'organisation de l'élection présidentielle dans l'île de Ndzouwani. Il en ressort le constat suivant :
Malgré la mise en garde des différents partis politiiques et associations de la société civile, SAMBI n'a pas respecté le principe de neutralité et d'impartialité qui lui incombe en sa qualité de Président de tous les comoriens. Il s'est délibérément rangé aux côté du candidat TOIYIBOU. D'importants moyens matériels, financiers et humains ont été mis à la disposition du candidat choisi. Des nombreux fonctionnaires soutenant le candidat DJAANFARI ont fait l'objet de manoeuvres d'intimidation et de menaces de révocation. Des actes de corruption ont été commis dans plusieurs villes de l'île par les partisans de TOIYIBOU afin d'acheter les suffrages des électeurs. Conscients de l'avance prise au premier tour, par le candidat DJAANFARI et de la volonté affichée par les anjouanais de rompre avec le système SAMBI, les hauts fonctionnaires de l'Union dépêchés avec des malettes d'argent à Anjouan, ont intensifié les actions déloyales destinées à influencer le choix des habitants.
Dans ce climat malsain et méprisable, des irrégularités graves au code électoral et des fraudes ont été enregistrées dans certaines villes. Les plus significatives ont été observées dans la région d'origine de TOIYIBOU et précisément, dans les communes de ONGOJOU, MRAMANI, NIAMBAMRO et à BARAKANI, fief du dictateur BACAR. Nous vous proposons un échantillon de photographies qui prouvent indubitablement que la machine à frauder orchestrée par SAMBI a bien fonctionné.
Agissant sur instructions de leurs supérieurs hiérarchiques, les militaires se sont octroyés le luxe de penétrer dans les bureaux de vote ce qui est strictement interdit par le code électoral sauf, sur demande exceptionnelle du président de bureau en cas de trouble. (PHOTOS N°3, 13, 17 & 21)
Comme vous pouvez le constater sur les photos que nous vous présentons, les urnes ne sont pas cadenassées alors que le scrutin est en cours. La preuve, des électeurs attendent leur tour pour accomplir leur devoir électoral. (PHOTOS N°3 21, 17, 13, 14, 5).
- Plusieurs cartes sont visibles sur une table du bureau de vote alors qu'elles doivent normalement être entre les mains de leurs titulaires. (PHOTO N° 11)
En dépit de ces graves entorses aux règles, le ministre chargé des élections ainsi que certains observateurs ont estimé que la régularité du scrutin ne peut en aucun cas, être mise en cause. La position de la Commission Eléctorale Nationale Indépendante (CENI) est quasi identique. Nous déplorons ces attitudes malhonnêtes qui dénotent de la part de leurs auteurs, une volonté manifeste de suivre les consignes données par SAMBI de faire triompher à tout prix, son candidat.
Après la diffusion des résultats et compte tenu des irrégularités constatées, la seule alternative était le recours devant la Cour Constitutionnelle. Or comme vous le savez, SAMBI a destitué M. MOUZAOIR, président de ladite cour dans des conditions non conformes aux textes en vigueur. Nul doute que cette décision avait pour unique objectif, de désigner des conseillers dociles, à sa solde.
Comme vous pouvez le constater, SAMBI ne recule devant rien pour asseoir coûte que coute son pouvoir et assouvir ses désirs. Depuis la libération d'Anjouan, nous assistons à une dérive monarchique du pouvoir. En prenant soin d'écarter la représentation nationale dans la gestion de l'épineux dossier de Mayotte, en s'impliquant personnellement dans l'élection présidentielle à Anjouan, enfin, en prononçant la destitution du président de la Cour Constitutionnelle, SAMBI confirme ses intentions d'instaurer aux Comores, un régime dictatorial, autoritaire et monarchique. Sa proposition de recruter des magistrats étrangers ainsi que le projet qui lui est prêté de modifier la loi fondamentale afin de se maintenir au pouvoir, semblent aller dans le droit fil de son orientation politique actuelle. Son souhait d'imposer un ordre moral conforme à son opinion réligieuse est une atteinte aux principes d'un islam modéré et tolérant qui a toujours été le ciment de notre société.
Enfin, chaque jour qui passe, nous découvrons, le vrai visage du Président SAMBI qui a oublié tous les engagements pris devant les comoriens, de faire respecter sans complaisance la loi et d'oeuvrer pour le développement du pays.
Ce comportement nous paraît irresponsable et dangereux à double titre car, non seulement, il risque de raviver les tensions et créer la division mais, il peut être source de graves blocages dans le fonctionnement régulier de nos institutions.
Le pouvoir de l'argent, la corruption, la malhonneteté et la perfidie ont tué l'élan démocratique qui semblait s'amorcer. Certes, une bataille est perdue mais, probablement pas la guerre. Nous devons donc nous tenir prêts pour les échéances à venir. En conséquence, nous lançons à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté, un vibrant appel afin de s'unir et de soutenir, toutes les actions susceptibles de mettre en échec, la politique obscurantiste et retrograde de l'ayatollah SAMBI.
Fait à PARIS, le 4 Juillet 2008
Le secrétariat Exécutif
