La Banque de développement des Comores (Bdc) vient de signer un accord avec la banque Escompte de France pour le transfert d'argent de la diaspora comorienne de l'Hexagone.
La diaspora comorienne reste l'un des poumons de l'économie nationale.
Selon des statistiques en date de 2007, le transfert d'argent de cette diaspora vers les Comores équivaudrait au budget annuel de l'Etat comorien, soit environ 22 milliards de Fc.
Les Comoriens de France assurent les dépenses courantes des famillesrestées au pays et font tourner le secteur du bâtiment à travers la construction de leurs maisons. Ce transfert d'argent s'opère souvent sans aucune garantie de sécurité. Or, le fait de porter sur soi des sommes importantes d'argent constitue un risque majeur. Le crash de l'A-310 de Yémenia, le 30 juin dernier, est, à cet égard, instructif.
C'est pour résoudre cette équation et faciliter les mouvements d'argent entre la France et les Comores que laBanque de développement des Comores (Bdc) vient de conclure cet accord avec la banque Escompte de
France. "Nous nous sommes demandés comment pourrait-on résoudre ce problèmes de transfert d'argent entre la diaspora et les familles résidant aux Comores. Nous avons, en effet, constaté que le fait de porter de l'argent dans une valise est un risque. Alors, nous avons pensé à un moyen formel qui passera par le canal d'une banque, avec des conditions appropriées et faciles où les comoriens se sentiront en confiance", nous a déclaré le directeur général adjoint de la Bdc, Marc Athiel, avant de continuer : "La banque Escompte est une institution spécialisée, qui travaille avec plusieurs pays tels que Haïti, le Sénégal, le Mali, les
Philippines et d'autres, qui ont un accord de ce genre. Par ailleurs nous envisageons d'ouvrir un guichet qui sera tenu par des Comoriens".
Selon toujours lui, la banque Escompte dispose de succursales à Paris, Marseille, Lyon et Strasbourg. "Nous avons étudié les possibilités d'accorder des prêts pour qu'un Comorien vivant en France puisse construire sa maison aux Comores dans une période de six mois et rembourser son prêt sur une période de cinq à dix ans. Toutefois, le déblocage de l'argent ne se fera pas d'un coup, mais au fur et à mesure que les travaux avancent, jusqu'à la finalisation de la construction", nous dira
M. Athiel.Tout transfert d'argent ayant dépassé la somme de 3.000 euros devra être justifié. A condition de faire partie d'une mutuelle ou d'un groupement dûment identifié qui pratique la tontine. "Nous avons réduit le frais de transfert pour éviter que les gens voyagent avec de l'argent dans la poche", dit le second patron de la Bdc.
A l'en croire, la Bdc est entrain de concevoir un produit qui puisse répondre aux attentes de la diaspora comorienne et relatif au rapatriement et à l'assurance. "Cela existe dans plusieurs pays, mais aux Comores, personne ne l'a encore proposé", déplore-t-il.
Marc Athiel appelle la diaspora comorienne à dépasser l'esprit communautariste et à penser global plutôt que local. "Partez du principe que vous êtes une force et tout ira bien", recommande-t-il.
Abouhariat Saïd Abdallah
Source : Al-watwan N° 1427 du 23 octobre 2009.